Traductions et imitations de
La gola e ’l somno...
Le Préambule des innombrables
««« Canzoniere»»»































Textes modernisés


TRADUCTIONS
IMITATIONS
1555, Philieul, traduction.
1575, Du Tronchet, traduction.
1600, Maldeghem, traduction.


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Canzoniere, 7La gola e ’l somno et l’otïose piume...
1555 - Vasquin PHILIEUL, Toutes les Œuvres vul­gaires de Pé­trarque, livre III, sonnet 4, pp. 303-304, traduction.
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[««« Philieul »»»]

    Le gras dormir, la gueule, et plume vaine
Ont la vertu hors du monde envoyée :
Dont de son cours nature est dévoyée,
Vaincue ainsi par coutume mondaine.
    Et si éteinte est la grâce hautaine,
Par qui la vie à mœurs est convoyée,
Que pour divine est la tête avouée,
Qui fait sortir d’Hélicone fontaine.
    Mais quel profit du Laurier et du Myrte ?
Pauvrette et nue aux champs Philosophie.
Dit le peuplard, qui au seul vil gain heurte.
    De là auras peu de ta compagnie :
Gentil esprit, tant plus te prie et prise
De ne laisser ta si noble entreprise.
»» texte original ««« ~#~ »»»
ARGUMENT selon Philieul : Il écri­vit ce Son­net à Jean Boc­cace son grand ami, l’exhor­tant à étu­dier, & pour le dire de folles gens ne lais­ser l’étude de Phi­lo­so­phie et de Poé­sie.









Canzoniere, 7 : La gola e ’l somno et l’otïose piume...
1595 (1575) - Étienne DU TRONCHET, Lettres amoureuses, avec 70 sonnets de Pétrarque, sonnet 7, pp. 229-230, traduction.
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[««« Du Tronchet »»»]

    LA goule, la paresse, et la plume ocieuse
Ont d’entre les humains toute vertu bannie :
Dont quasi de son cours s’égare et se dénie
Nature submergée en mœur pernicieuse.
    Et du ciel est éteinte la clarté gracieuse,
Et la lueur bénigne instruisant notre vie,
Tant que pour chose rare au doigt se magnifie
Qui fait du Hélicon sortir braise fumeuse.
    Quel Amour de laurier ? de myrte quel souci ?
Va pauvre désolée Philosophie : ainsi
Dit la tourbe ignorante au vil profit apprise.
    Par l’autre peu j’aurai de compagnons aussi,
Mais plus prisé seras s’il te plaît prendre ici
Désir de ne quitter la meilleure entreprise.
»» texte original ««« ~#~ »»»








Canzoniere, 7 : La gola e ’l somno et l’otïose piume...
1606 (1600) - Philippe de MALDEGHEM, Le Pétrarque en rime française, sonnet 7, pp. 26-27, traduction.
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[««« Maldeghem »»»]

    Gourmandise et sommeil et la trop niche plume
Ont du grand univers banni toute vertu,
Par où notre nature étant de son cours dû
Fourvoyée, a quitté sa place à la coutume.
    Et tout ce que du ciel la vie humaine allume
Et guide à faire bien, est si peu reconnu,
Que pour chose admirable n’est montré et vu
Qui faire d’Hélicon naître un fleuve présume.
    À quoi sert le laurier ? à quoi le myrte vain ?
Pauvre Philosophie, et nue où est ton gain ?
Dit la troupe à qui sert le vil profit de gage.
    Par l’autre voie auras des rares compagnons,
Pourtant esprit gentil tant plus je te semonds
À suivre ton but noble avecque bon courage.
»» texte original ««« ~#~ »»»
COMMENTAIRE DE MALDEGHEM : Le Poète en­voie ce Son­net à quelque sien ami, ou comme au­cuns pensent, à M. Jean Boc­cace le­quel sui­vant les ho­no­rables études de la Phi­lo­so­phie, se ti­rait en arrière, voyant qu’un cha­cun les fuyait. & ain­si y allègue la cause par où les ver­tus sont mé­pri­sées, les­quelles sont la gueule & le som­meil, à sa­voir la vo­lup­té & l’ava­rice : mais puis l’en­horte à se re­prendre, & d’au­tant plus qu’elles sont mé­pri­sées d’un cha­cun, que tant plus il se doit éver­tuer de suivre si louable em­prise com­men­cée.