Étienne DU TRONCHET (?-1585)
Les cheveux étaient d’or… (Canz., 90)
Lyon, P. Frellon et A. Cloquemin, 1595 (Paris, 1575).

LEs cheueux estoyent d’or autour de Laure espars,
Qui de mille doux nœuds d’vne tresse ondoyante,
Ombrageoient la clarté, outre mesure ardente
Des yeux dont maintenant i’ay si petites parts.

La couleur de la face piteuse en toutes parts
Ie ne sçay si c’estoit ou pour vray ou par feincte.
Mais moy à qui n’estoit d’amour la braise esteincte
Il ne faut s’esbahir si subitement i’ards.

Son maintien n’estoit point de mortelle façon
Mais de forme angelique & sa douce chanson
Sonnoit tout autre son que son de voix humaine.

Son esprit au surplus estoit diuin & haut:
Mais si par laps du temps quelque chose s’en faut,
Pourtant l’arc debandé ne fait la playe saine.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

LEs cheueux eſtoyent dor autour de Laure eſpars,
Qui de mille doux nœuds dvne treſſe ondoyante,
Ombrageoient la clarté, outre meſure ardente
Des yeux dont maintenant iay ſi petites parts.

La couleur de la face piteuſe en toutes parts
Ie ne ſçay ſi ceſtoit ou pour vray ou par feincte.
Mais moy à qui neſtoit damour la braiſe eſteincte
Il ne faut sesbahir ſi ſubitement iards.

Son maintien neſtoit point de mortelle façon
Mais de forme angelique & ſa douce chanſon
Sonnoit tout autre ſon que ſon de voix humaine.

Son esprit au ſurplus eſtoit diuin & haut:
Mais ſi par laps du temps quelque choſe sen faut,
Pourtant larc debandé ne fait la playe ſaine.

 

En ligne le 26/04/26.
Dernière révision le 26/04/26.