Étienne DU TRONCHET (?-1585)
Amour en même instant… (Canz., 178)
Lyon, P. Frellon et A. Cloquemin, 1595 (Paris, 1575).

AMour en même instant me pique et me ramène.
Il m’assure, il m’étonne, il me brûle et me glace,
Il m’agrandit, m’abaisse, il m’appelle, il me chasse.
Il me nourrit d’espoir, et me crève de peine.

Ores haut, ores bas, mon cœur lassé il traîne
Dont mon actif vouloir s’égare de sa place.
Et ce bon seigneur veut (quoi que soit qu’il se fasse)
Dont mon âme pensive est d’erreur toute pleine.

Un penser mien ami lui montre bien le port
Non de l’eau qui des yeux distillante ressort,
D’être tôt où il croit qu’elle serait contente :

Mais il l’ôte de là par un plus grand effort,
Et faut d’autre côté sans y être confort,
Que fuyant sa langueur à ma mort il consente.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

AMour en même instant me pique et me ramène.
Il massure, il métonne, il me brûle et me glace,
Il magrandit, mabaisse, il mappelle, il me chasse.
Il me nourrit despoir, et me crève de peine.

Ores haut, ores bas, mon cœur lassé il traîne
Dont mon actif vouloir ségare de sa place.
Et ce bon seigneur veut (quoi que soit quil se fasse)
Dont mon âme pensive est derreur toute pleine.

Un penser mien ami lui montre bien le port
Non de leau qui des yeux distillante ressort,
Dêtre tôt où il croit quelle serait contente :

Mais il lôte de là par un plus grand effort,
Et faut dautre côté sans y être confort,
Que fuyant sa langueur à ma mort il consente.

 

En ligne depuis 2005, mais oublié dans le recensement des traductions de Pétrarque.
Versé dans l’anthologie principale le 01/11/18.
Dernière révision le 20/04/26.