Jean de LA GESSÉE (1551-?)
Adieu Paris Adieu…
Paris, Fédéric Morel, 1579.
ouvrir sur Gallica : Sonnets, V, p. 30.

ADIEV Paris Adieu, de bon cœur ie te laisse,

 Te laisse, t’abandonne, & n’ay plus soing de toy:
Toy qui sembles aussi n’auoir plus soing de moy,
Moy qui perds auec toy ma Royne, & ma Maistresse.

Maistresse, qu’ay-ie dit? c’est plustot ma Deésse,
Deésse qui me comble & de ioye, & d’esmoy:
Esmoy comblé de ioye alors que ie la voy,
La voy, l’honore, & sers, sans dueil, sans fard, sans cesse.

Sans cesse puisses-tu son absence pleurer,
Pleurer, voire tousiours en regret demeurer,
Demeurer, & souffrir l’horreur d’vn gros nüage.

Nüage qui te couure, à tant que ce Soleil,
Soleil qui luit sans pair, te montre son bel œil:
Oeil qui donne ame au corps, & lumiere à l’ombrage.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

ADIEV Paris Adieu, de bon cœur ie te laiſſe,

 Te laiſſe, t’abandonne, & n’ay plus ſoing de toy:
Toy qui ſembles auſsi n’auoir plus ſoing de moy,
Moy qui perds auec toy ma Royne, & ma Maiſtreſſe.

Maiſtreſſe, qu’ay-ie dit? c’eſt pluſtot ma Deéſſe,
Deéſſe qui me comble & de ioye, & d’eſmoy:
Eſmoy comblé de ioye alors que ie la voy,
La voy, l’honore, & ſers, ſans dueil, ſans fard, ſans ceſſe.

Sans ceſſe puiſſes-tu ſon abſence pleurer,
Pleurer, voire touſiours en regret demeurer,
Demeurer, & ſouffrir l’horreur d’vn gros nüage.

Nüage qui te couure, à tant que ce Soleil,
Soleil qui luit ſans pair, te montre ſon bel œil:
Oeil qui donne ame au corps, & lumiere à l’ombrage.

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En ligne le 14/07/22,
Dernière révision le 31/01/26.