Jacques PELETIER du Mans (1517-1582)
Que sens-je en moi… (Canz., 132)
Paris, M. de Vascosan & G. Corrozet, 1547.

 

textes de
Pele­tier

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imi­ta­tion de
S’amor non è…

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Que sens-je en moi, s’amour ne suis sen­tant ?
Si c’est amour, quel peut-il être, et quoi ?
Si bon, d’où vient l’effet mortel de soi ?
Sinon, d’où vient que le mal m’en plaît tant ?

Si j’ards à gré, que vais-je lamentant ?
Si à mal gré, qu’en vaut le triste émoi ?
Ô vive mort ! doux mal, as-tu sur moi
Tant de pouvoir, si n’y suis consentant ?

Si j’y consens, à grand tort je me deulx :
Sans gouvernail je me trouve en mer plaine,
En nef fragile, entre vents si divers,

De savoir vide, et d’erreur si fort pleine.
Que je ne sais moi-même que je veux :
Lété je tremble, et brûle les hivers.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Que sens-je en moi, samour ne suis sen­tant ?
Si cest amour, quel peut-il être, et quoi ?
Si bon, doù vient leffet mortel de soi ?
Sinon, doù vient que le mal men plaît tant ?

Si jards à gré, que vais-je lamentant ?
Si à mal gré, quen vaut le triste émoi ?
Ô vive mort ! doux mal, as-tu sur moi
Tant de pouvoir, si ny suis consentant ?

Si jy consens, à grand tort je me deulx :
Sans gouvernail je me trouve en mer plaine,
En nef fragile, entre vents si divers,

De savoir vide, et derreur si fort pleine.
Que je ne sais moi-même que je veux :
Lété je tremble, et brûle les hivers.

 

En ligne le 02/04/26.
Dernière révision le 02/04/26.