POco era ad appressarsi agliocchi miei
la
luce
che da lunge glia barbaglia
che come uide lei cangiar thesaglia
cosi cangiato ogni mia forma aurei
& sio non posso transformarmi
in lei
piu chi misia non chamerce miuaglia
di qual petra piu rigida sintaglia
pensoso nela uista oggi sarei
O didiamante o dun bel marmo bianco
per lapaura forse o dun diaspro
pregiato poi dal uulgo auaro & scioccho
& sarei fuor del graue giogo & aspro
per chui io inuidia di quel uecchio stanco
che fa co lesue spalle ombra a marrocco
il souffre tant qu’il porte envie aux choses inanimées.
À peine encore se serait rapprochée de mes yeux la lumière qui de loin déjà les aveugle, que, comme la Thessalie la vit elle-même (1) se métamorphoser, j’aurais entièrement changé de forme.
Et si je ne puis me transformer en elle plus que je ne l’ai fait déjà, sans que cela me serve pour obtenir merci, tout pensif, j’aurais pris aujourd’hui l’aspect de quelque pierre, des plus dures que taille le ciseau ;
Soit du diamant ou d’un beau marbre blanc, et qui le serait peut-être à cause de mes terreurs, ou bien encore du jaspe, apprécié alors du vulgaire avare et stupide :
Et je serais délivré du joug pesant et âpre qui me fait porter envie à ce vieillard fatigué, qui de ses épaules fait une ombre à Maroc.
1 Sa dame [note du traducteur]. [Laure est associée à Daphné pressée par Apollon et changée en laurier en Thessalie.]
il souffre tant qu’il porte envie aux choses inanimées.
À peine encore se serait rapprochée de mes yeux la lumière qui de loin déjà les aveugle, que, comme la Thessalie la vit elle-même (1) se métamorphoser, j’aurais entièrement changé de forme.
Et si je ne puis me transformer en elle plus que je ne l’ai fait déjà, sans que cela me serve pour obtenir merci, tout pensif, j’aurais pris aujourd’hui l’aspect de quelque pierre, des plus dures que taille le ciseau ;
Soit du diamant ou d’un beau marbre blanc, et qui le serait peut-être à cause de mes terreurs, ou bien encore du jaspe, apprécié alors du vulgaire avare et stupide :
Et je serais délivré du joug pesant et âpre qui me fait porter envie à ce vieillard fatigué, qui de ses épaules fait une ombre à Maroc.
1 Sa dame [note du traducteur]. [Laure est associée à Daphné pressée par Apollon et changée en laurier en Thessalie.]
Pour peu que le rayon qui les
éblouissait
De loin se fût un peu rapproché de mes yeux,
J’aurais alors subi quelque métamorphose
Ainsi qu’en Thessalie en éprouva
Daphné.
Et si je ne puis pas me transformer
en elle
Plus que je ne le suis — sans en avoir merci
J’aurais pu devenir quelque sombre statue
Du rocher le plus dur qui se puisse tailler,
Même de diamant, ou de
beau marbre blanc,
Ou de jaspe, et alors le vulgaire effrayé
Avare et sot, viendrait peut-être m’invoquer.
Je serais en tout cas
délivré de ce joug
Écrasant qui me fait envier le
vieillard (1)
Qui couvre le Maroc de ses sombres épaules.
1 Atlas [note du traducteur].
textes
modernisés
[R]
En ligne le
02/06/26.
Dernière révision le 02/06/26.