Le topos des impossibles
(adynata)
Dernier poème en ligne :
Chandieu : Plutôt on pourra faire…
 


Topos des
ady­nata :
71 textes
Virgile
~ Ante leves ergo…
Ovide
~ In caput alta suum…
Marot
~ Doncques plutôt…
Fr. Habert
~ Recevez donc…
~ Celui qui voir…
~ Plutôt poissons…
Scève
~ Plutôt seront Rhône… (s.p.)
Tyard
~ Ma Dame alors… (s.p.)
~ Ô, de mon jour…
Du Bellay
~ Me soit amour… (s.p.)
~ Quand la fureur… (s.p.)
~ Plutôt les Cerfs…
Ronsard
~ Plutôt le bal…
~ Un grand rocher…
~ Que tout partout…
~ Que Gâtine ait…
Des Autels
~ Donc maintenant…
Fontaine
~ Plutôt (j’ai dit)…
Philieul
~ Je n’eus jamais… (Canz. 237) (s.p.)
Baïf
~ À rames voguera…
~ Plus mon désir s’accroît…
~ Tout tel que j’ai été… (s.p.)
Pasquier
~ Plutôt des dieux…
Magny
~ J’ai dit cent fois, Pascal…
Bugnyon
~ Malgré le sort…
La Gravière
~ Trouver le feu…
Buttet
~ Plutôt sera l’aigle en l’onde…
~ Il me souvient… (s.p.)
~ Tu pourras bien…
~ Quand le clair ciel…
Rob. Garnier
~ Plutôt, du jour flambant…
~ Que bien vrai le chantre sacré…
Belleau
~ Plutôt la terre avortera…
Turrin
~ Je ne voulais jamais…
~ Chênes coulez le miel…
Goulart
~ Quand sans neige…
Chantelouve
~ Plutôt Jupin…
de Brach
~ Mais non, mais non… (s.p.)
Le Saulx
~ Plutôt de l’Univers…
~ Plutôt le ciel voûté…
Hesteau
~ Plutôt on pourra voir…
~ Aime-moi mon Thyrsis…
~ Aussitôt on verra…
Cath. Des Roches
~ Belle plutôt les eaux…
La Jessée
~ Plutôt en paix…
~ Les Cerfs légers…
~ Quand l’amitié… (s.p.)
~ Plutôt la terre ingrate…
~ Va cruelle Érinnys…
Cornu
~ Plutôt du ciel astré…
~ Plutôt au ciel astré…
Jamyn
~ L’été sera l’hiver…
Du Chesne
~ Fais plutôt par la bonté tienne…
~ Que plutôt les Autans…
Du Buys
~ De notre Odet…
Birague
~ Ô cœur triste et pensif…
Le Poulchre
~ Ah de qui misérable… (s.p.)
Poupo
~ Mais plutôt les poissons…
Chandieu
~ Quand on arrêtera…
~ Plutôt on pourra faire…
Expilly
~ Avant qu’une autre Dame…
Lasphrise
~ Que nous servent les biens…
~ Plutôt le monde…
~ Je penserais plutôt…
~ La Courtisane…
Grisel
~ Plutôt le ciel voûté…
Cl. Garnier
~ Devant que l’attrait… (s.p.)
~ Mes ans plus beaux…
~ Est-ce inhumaine… (s.p.)
~ Plutôt seront les ondes…
~ Ni mont, ni roc…

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Accumuler des impossibilia (du latin) ou adynata (du grec – sing. adynaton), c’est à dire des boule­ver­sements incon­cevables dans l’ordre cosmique ou naturel, en préambule de l’affir­mation hyper­bolique d’une constance dans la foi amoureuse, ou la foi religieuse, voire dans la haine contre un méchant, est un topos auquel il est peu de poètes du seizième siècle qui ne se soient essayés.

Dans la liste ci-contre, les poèmes marqués "s.p." (sans préambule) sont les poèmes dans lesquels le topos des impos­sibles constitue le propos du poème, ou est employé en supplément du propos, quand dans tous les autres il l’est en préambule.

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Recension, par Pierre BOYANCÉ, dans la Revue des Études anciennes, Bordeaux, Janvier-Mars 1937, p. 281 [gallica, N0069273_PDF_289], de l’ouvrage d’E. Dutoit sur l’ady­naton :
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Ernest Dutoit, Le thème de l’« ady­naton » dans la poésie antique. Paris, les Belles Lettres, 1936 ; 1 vol. in-8°, xiv-177 pages.
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« On verra les cerfs agiles paître dans l’éther et les mers aban­donner les poissons à nu sur le rivage : on verra, après avoir dans leur exil parcouru les terres les uns des autres, les Parthes boire l’eau de la Saône, ou la Germanie boire celle du Tigre, avant que les traits de ce héros s’effacent de notre cœur » (trad. Goelzer). Chacun connaît ces vers de Virgile. On y voit employé un procédé d’expression que M. Dutoit déclare n’être pas une figure de rhétorique à proprement parler, « mais bien plutôt… une forme de langage qui ne se laisse heureu­sement pas réduire à la notion d’un pur σχημα et qui est quelque chose de plus vivant, de plus varié… ». C’est « le thème de l’ady­naton ».

M. Dutoit en suit l’histoire à travers la poésie grecque, puis à travers la poésie latine. Une série d’exemples sont étudiés avec une finesse exacte, qui ne recule pas devant la discussion des sens contro­versés et qui contribue ainsi heureu­sement à l’exégèse des passages que la discussion utilise. Et le séjour n’est point sans agrément, en la compagnie de ce guide, dans ce « monde renversé » de l’ady­naton.

On constate que la poésie grecque a fait du thème un usage à la fois très restreint et très varié ; il a son origine dans le parler popu­laire et il reste en Grèce une forme du langage vivant. À Rome, on assiste à une évo­lution : alors que chez Plaute il revêt une forme très naturelle, l’époque classique lui fait subir une éla­bo­ration littéraire très sensible. Ovide aura « le privilège assu­rément peu enviable d’être le poète de l’ady­naton ». […]

[R]


En ligne le 28/06/07.
Dernière révision le 24/01/12.