La disposition des
vers rapportés
Dernier poème en ligne :
d’Aubigné : Du plus subtil du feu…
 


86 poèmes tout ou partie en vers rapportés :
V. Martelli
~ Se Lisippo, et Apelle…
Du Bellay
~ Ces Cheveux d’or sont les Liens…
~ Fasse le Ciel…
~ De fleurs, d’épis…
~ De quel torrent…
Tyard
~ J’ai tant crié…
Des Autels
~ Mon cœur, ma voix, ma main…
~ De Jupiter, Phébus…
Ronsard
~ Par un destin…
Peletier Du Mans
~ Fortune, Amour…
~ Plus m’est promis…
Grévin
~ L’Amour nous point, nous brûle…
Buttet
~ Trait, flamme, et lacs d’amour…
Chandieu
~ Ta Poésie, Ronsard…
Belleau
~ Amour étant lassé…
La Ville
~ Ni les écrits…
La Boderie
~ Phébus, Peithon…
Turrin
~ Cet œil, cet or…
Baïf
~ Trait, feu, piège d’Amour…
~ Jamais œil, bouche, poil…
La Taille
~ Ô cœur ingrat…
Jodelle
~ Des astres, des forêts…
~ J’aime le vert laurier…
~ Que n’ai-je mes esprits…
~ Comme un qui s’est perdu…
~ Le dol longtemps couvé…
~ Je ne crains pas que Dieu…
~ Ne les a-t-on pu donc…
~ Qu’Hymen, Amour, le ciel…
~ Démophoon, Céphale…
Goulart
~ Ô pas épars…
de Brach
~ Je chante la chaleur…
~ Vous vent, vous nautonier…
Le Loyer
~ Ta beauté, ta vertu…
Le Saulx
~ La chair et le péché… (Th. 9)
Boyssières
~ Le vert, l’ardeur, le vent…
~ Amour, Mars, Apollon…
~ Le nerf, le corps, la chair…
La Jessée
~ Grasinde, qui me fais…
~ Qui comme une Ariane…
~ Au bon arbre, au Rosier…
~ Le Dieu Vulcain…
~ Le tiède flair…
~ L’aveugle Archer…
~ Vos beaux yeux adorés…
~ Le jeune Cerf navré…
~ Ce que l’orage fier…
~ Par art, force, ire, soin…
~ Je te sondais ainsi…
Hesteau
~ Ta vertu, ta bonté…
~ D’une incroyable amour…
~ Comme on voit un chevreuil…
~ Passants ne cherchez plus…
~ La Nature a donné…
M. de Romieu
~ Le luth, César, l’Amour…
Courtin
~ Que me servent ces cris…
Cath. Des Roches
~ La Beauté, la doctrine…
~ Pithon, Diane, Minerve…
~ Les Lettres, les Vertus…
~ Les Muses, la Pithon…
~ Ausonie, Calabre…
Blanchon
~ J’aime plus que mes yeux…
Du Chesne
~ Ô Lèthe sommeilleux…
Pontoux
~ Tant puissante est l’ardeur…
Birague
~ Toujours, toujours, hélas…
Du Monin
~ De Jupin, Mars, Phébus…
~ Le ruisseau chamarrant…
Le Gaygnard
~ Ma Plume mainte fois…
~ D’un destin ordonné…
~ En toutes piété…
Fondimare
~ Le Gras meurt, qui vivant…
Courant
~ Partout, ici, là-haut…
Trellon
~ De la bouche, des yeux…
Sponde
~ Tout s’enfle contre moi…
Pontaymeri
~ Qui a vu quelquefois…
Lasphrise
~ Ton poil, ton œil, ta main…
~ Mon La Fuie, à ce coup…
~ Heureux qui est muet…
~ Estrées ne requiert…
~ Phèbe, Cypris, Pithon…
~ Non sans cause, beauvais…
Alcanon
~ Le torrent, le vent…
Angot
~ Qui pourrait voir au ciel…
A. de Marquets
~ Si on prise beaucoup…
d’Aubigné
~ La flûte qui joua…
~ Du plus subtil du feu…

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« Autrefois j’ai fait ces suivants en faveur d’une de mes idoles parlantes :

Ta beauté, ta vertu, ton esprit, ton maintien
Éblouit, et défait, assoupit et renflamme
Par ses rais, par penser, par crainte, pour un rien
Mes deux yeux, mon amour, mes desseins, et mon âme. »

Étienne Tabourot,
Les Bigarrures du Seigneur des Accords,
Paris, Jean Richer, 1583,
chapitre XIII, « Des vers rapportés », f° 131v°
[Gallica, N0070346_PDF_285].

 

C’est le travail de Jacques Roubaud et de ses amis Pierre Lusson et Pierre Getzler, princi­palement publié dans les Cahiers de Poétique comparée[1], qu’il faut lire pour prendre la mesure de « cette spirituelle façon d’écrire en vers rapportés, et même de notre temps […] si fréquente et commune », selon l’expression de Tabourot des Accords en 1583.

« Une sorte de croisement symétrique et gramma­tical », des « phrases de construction gramma­ticale semblable désar­ti­culées et recom­posées », une « invention astucieuse » qui « remon­terait peut-être à la fin de l’Anti­quité grecque », un « procédé » qui « du Moyen Âge latin […] gagne les poésies française, espagnole, anglaise et allemande des XVIe et XVIIe siècles  », selon Ernst Robert Curtius dans La Litté­rature européenne et le Moyen Âge latin. [2]



Notes

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[1] Les Cahiers de Poétique comparée ont été publiés sous les auspices de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (l’INALCO, c’est-à-dire les Langues’O) de 1973 à 1993. Ils sont l’émanation, ainsi que la revue Mezura, du Centre de Poétique comparée (cercle Polivanov).

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[2] Ernst Robert Curtius, La Litté­rature euro­péenne et le Moyen Âge latin, traduit de l’allemand par Jean Bréjoux, Paris, Presses Univer­sitaires de France [1956], Presses-Pocket, coll. « Agora », 1991.

dernière révision le 08/01/12.