| Étienne DU
TRONCHET (-1585) Trouver paix je ne puis... |
Le
Préambule des innombrables |
Lettres
amoureuses, Lyon, P. Frellon et A. Cloquemin, 1595. |
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| ouvrir sur Gallica : 70 sonnets de Pétrarque, sonnet 54, p. 277 |
TRouver paix je ne puis, et ne puis faire guerre, Je crains, j’espère, j’ards, et suis la même glace : Je vole sur le ciel, et ne bouge de terre. En ne rien étreignant tout le monde j’embrasse. Tel me tient en prison qui ne m’ouvre ni serre : Ni pour soi me retient, ni rompt ce qui me lace. Amour point ne me tue, et si ne me desserre, Il ne me veut voir vif, ni que mort me défasse. J’étends sans yeux ma vue, et sans langue mes cris : J’enrage de périr et conferme ma vie. Je veux mal à moi seul, et tous me sont amis. Je me pais de douleurs, et en pleurant je ris, Et tant me plaît la mort comme j’aime la vie. Madame c’est l’état en quoi vous m’avez mis. |
disposition des antithèses accumulées |
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texte de Du Tronchet
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TRouver paix je ne puis, et ne puis faire guerre, Je crains, j’espère, j’ards, et suis la même glace : Je vole sur le ciel, et ne bouge de terre. En ne rien étreignant tout le monde j’embrasse. Tel me tient en prison qui ne m’ouvre ni serre : Ni pour soi me retient, ni rompt ce qui me lace. Amour point ne me tue, et si ne me desserre, Il ne me veut voir vif, ni que mort me défasse. J’étends sans yeux ma vue, et sans langue mes cris : J’enrage de périr et conferme ma vie. Je veux mal à moi seul, et tous me sont amis. Je me pais de douleurs, et en pleurant je ris, Et tant me plaît la mort comme j’aime la vie. Madame c’est l’état en quoi vous m’avez mis. |