Rien étreindre ne puis, toute
chose j’embrasse :
J’aime bien d’être serf, et
cherche liberté,
Je ne bouge de terre,
outre le ciel
je passe,
Je me promets douceur,
où n’y a que fierté.
À tel me suis
donné, qui pour sien ne m’avoue,
D’où vivre je m’attends, cela me fait
mourir,
Je blâme le plus fort, ce que plus fort je loue,
Je demande remède,
et je ne veux guérir.
Je me hais, j’aime
autrui : je crains, et je m’assure :
Je suis feu,
je suis glace :
en fuyant, je poursuis.
Où je me fais vainqueur, là vaincu je demeure.
Ce m’est sucre le
deuil :
la joie
ce m’est suie :
Je meurs si j’ai de l’aise, et je vis de
l’ennui :
J’ai pris en même horreur
et la mort
et la vie.
Rien
étreindre ne puis, toute chose j’embrasse :
J’aime bien
d’être serf, et
cherche liberté,
Je ne bouge de terre,
outre le ciel
je passe,
Je me promets douceur,
où n’y a que fierté.
À
tel me suis donné, qui pour sien ne m’avoue,
D’où
vivre je m’attends, cela me fait mourir,
Je blâme le plus
fort, ce que plus fort je loue,
Je demande
remède,
et je ne veux guérir.
Je
me hais, j’aime autrui :
je crains, et je m’assure :
Je suis feu, je
suis glace : en fuyant, je poursuis.
Où je me fais
vainqueur, là vaincu je demeure.
Ce
m’est sucre
le deuil : la joie ce
m’est suie :
Je meurs si j’ai
de l’aise, et je vis de l’ennui :
J’ai pris en
même horreur
et la mort
et la vie.
En ligne le 09/12/04.
Dernière révision le 06/10/10.