Pierre de RONSARD (1524-1585)
Paris, veuve Maurice de La Porte, 1553.

JE veux mourir pour tes beautés, Maîtresse,
Pour ce bel œil, qui me prit à son haim,
Pour ce doux ris, pour ce baiser tout plein
D’ambre, et de musc, baiser d’une Déesse.

Je veux mourir pour cette blonde tresse,
Pour l’embonpoint de ce trop chaste sein,
Pour la rigueur de cette douce main,
Qui tout d’un coup me guérit et me blesse.

Je veux mourir pour le brun de ce teint,
Pour ce maintien, qui, divin, me contraint
De trop aimer : mais par sus toute chose,

Je veux mourir aux amoureux combats,
Soufflant l’amour, qu’au cœur je porte enclose,
Toute une nuit, au milieu de tes bras.

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de Muret

Je veux mourir.) Il dit, qu’il est content de mou­rir pour les beau­tés et bonnes grâces de sa dame, les­quelles il pour­suit parti­cu­liè­re­ment. Mais que sur­tout il souhaite de mou­rir, com­bat­tant pair à pair, en camp clos, avec elle. Qui tout d’un coup me gué­rit et me blesse.) Cette figure s’appelle en Grec hyste­ron pro­te­ron. Il y a une allu­sion à une fable d’Achille, laquelle je racon­te­rai ailleurs plus com­mo­dément. Pour le brun de ce teint.) Pour ce teint brun. Locu­tion Grecque.
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[texte modernisé]
[R]

 
 

En ligne le 21/09/13.
Dernière révision le 07/07/19.