Pierre de RONSARD (1524-1585)
Je vous envoie…
Paris, Vincent Sertenas, 1555.

Ie vous enuoye vn bouquet de ma main
Que i’ai ourdy de ces fleurs epanies,
Qui ne les eust à ce vespre cuillies,
Flaques à terre elles cherroient demain.

Cela vous soit vn exemple certain
Que voz beautés, bien qu’elles soient fleuries,
En peu de tems cherront toutes flétries,
Et periront, comme ces fleurs, soudain.

Le tems s’en va, le tems s’en va, ma Dame,
Las! le tems non, mais nous nous en allons,
Et tost serons estendus sous la lame:

Et des amours desquelles nous parlons,
Quand serons morts, n’en sera plus nouuelle:
Pour-ce aimés moi, ce pendant qu’estes belle.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Ie vous enuoye vn bouquet de ma main
Que i’ai ourdy de ces fleurs epanies,
Qui ne les eust à ce vespre cuillies,
Flaques à terre elles cherroient demain.

Cela vous soit vn exemple certain
Que voz beautés, bien qu’elles soient fleuries,
En peu de tems cherront toutes flétries,
Et periront, comme ces fleurs, soudain.

Le tems s’en va, le tems s’en va, ma Dame,
Las! le tems non, mais nous nous en allons,
Et tost serons estendus sous la lame:

Et des amours desquelles nous parlons,
Quand serons morts, n’en sera plus nouuelle:
Pour-ce aimés moi, ce pendant qu’estes belle.

 

En ligne le 08/10/16.
Dernière révision le 23/12/17.