HORACE (65-8 av. J.C.)
Non semper imbres… (Odes, II, 9)
Paris, Claude Micard, 1584, ff. 47v° & 48v° [←Gallica].

Ad Valgium

Non semper imbres nubibus hispidos
Manant in agros, aut mare Caspium

Vexant inæquales procellæ
Usque : nec Armeniis in oris

Amice Valgi stat glacies iners
Menses per omnes : aut aquilonibus

Querceta Gargani laborant,
Et foliis viduantur orni.

Tu semper urges flebilibus modis
Mysten ademptum : nec tibi Vespero

Surgente decedunt amores,
Nec rapidum fugiente solem.

At non ter aevo functus amabilem
Ploravit omnes Antilochum senex

Annos : nec impubem parentes
Troilon, aut Phrygiæ sorores

Flevere semper. Desine mollium
Tandem querelarum : et potius nova

Cantemus Augusti trophæa
Cæsaris, et rigidum Niphaten,

Medumque flumen gentibus additum
Victis, minores volvere vortices :

Intraque præscriptum Gelonos
Exiguis equitare campis.

Lyon, Sulpice Sabon, 1544, dizain CCCLVII, p. 163 [←Gallica].

Toujours n’est pas la mer Égée trouble,
Et Tanaïs n’est point tous temps gelé :
Mais le malheur, qui mon mal me redouble,
Incessamment avecques lui mêlé
S’enchaîne ensemble, et ainsi congelé
Me fait ardoir tant inhumainement,
Que quand par pleurs je veux soudainement
Remédier à si grande amertume :
Voulant ma flamme éteindre aucunement,
Plus je l’éteins, et plus fort je l’allume.

Paris, veuve Maurice de La Porte, 1552, Sonnets, p. 74 [←Gallica].

Toujours des bois la cime n’est chargée,
Sous les toisons d’un hiver éternel,
Toujours des Dieux le foudre criminel
Ne darde en bas sa menace enragée.

Toujours les vents, toujours la mer d’Egée
Ne gronde pas d’un orage cruel :
Mais de la dent d’un soin continuel,
Toujours toujours ma vie est outragée.

Plus je me force à le vouloir tuer,
Plus il renaît pour mieux s’évertuer
De féconder une guerre en moi-même.

Ô fort Thébain, si ta serve vertu
Avait encor ce monstre combattu,
Ce serait bien de tes faits le treizième.

Les Amours augmentées, « À Mellin de Saint-Gelais »,
Paris, veuve Maurice de La Porte, 1553, pp. 247-248 [←Gallica].

TOujours ne tempête enragée,
Contre ses bords la mer Égée,
Et toujours l’orage cruel
Des vents, comme un foudre ne gronde
Élochant la voute du Monde
D’un soufflement continuel :

Toujours l’hiver de neiges blanches,
Des Pins n’enfarine les branches :
Et du haut Apennin, toujours
La grêle le dos ne martèle,
Et toujours la glace éternelle
Des fleuves ne bride le cours :

Toujours ne durent orgueilleuses
Les Pyramides sourcilleuses,
Contre la faux du temps vainqueur :
Aussi ne doit l’ire félonne,
Qui de son fiel nous empoisonne,
Durer toujours dedans un cœur.

Rien sous le ciel ferme ne dure :
Telles lois la sage Nature
Arrêta dans ce monde, alors
Que Pyrrhe épandait sus la terre
Nos aïeux conçus d’une pierre

S’amollissante en nouveaux corps.

[…] 

Poitiers, les Marnef et Bouchet, frères, 1555, pp. 27-28 [←Gallica].

[…] 

le chœvr.

Toujours le vent tempêtant,
Sur la Mer Égée,
Ne va l’onde tourmentant
De rage enragée :

Et de l’eau fière l’effort
Qui tance sa rive,
N’empêche toujours qu’au port
La barque n’arrive.

Mais la tranquillité suit
En son rang l’orage,
Et toujours sur Mer ne bruit
La venteuse rage.

Le Jour chassé de la Nuit
Fait place à la Lune,
Puis encor le Soleil luit
Chassant la Nuit brune.

Sous le Ciel les choses sont
Toutes inconstantes,
Et par rang vont et revont
Leur ordre changeantes.

Mais Médée ta rigueur
Constante demeure
Et prend nouvelle vigueur
Croissant d’heure en heure.

[…] 

Paris, Vincent Sertenas, 1557, sonnet VIII, f° 5r° [←Gallica].

Toujours la peste aux Grecs ne décoche Apollon,
Quelquefois il s’ébat à sonner de la lyre,
Quelquefois sur la mer bon vent a le navire
Et toujours ne court pas un orage félon,

Toujours l’honneur des champs ne dépouille Aquilon,
Quelquefois un printemps nous ramène Zéphire,
Toujours ne tonne pas aux montagnes d’Épire.
Et quelquefois le ciel est sans nul tourbillon.

Les deux frères jumeaux l’un après l’autre vivent,
Et les saisons de l’an par ordre s’entresuivent
Comme le clair jour suit la ténébreuse nuit :

Bref toute chose au monde ou se change ou se passe,
Si ce n’est le malheur qu’un Rousseau me pourchasse
Qui toujours sans repos me tourmente et me suit.

Œuvres en rime, Les Amours, Diverses Amours,
Paris, Lucas Breyer, 1573, livre I, f° 175r° [←Gallica].

Ore de mal en bien se veut tourner la chance,
Qui par un trop long temps a duré contre moi :
Il faut une autre fois essayer si ma foi
Pourrait bien rencontrer heureuse récompense.

Toujours la mer grondant contre un vaisseau ne tance :
L’air serain du fort temps chasse le triste effroi,
Et le Printemps l’Hiver : le retour doux et coi
De l’amiable paix suit des guerres l’outrance.

Toujours le flot contraire à ma nef ne sera,
Mais bientôt un bon vent ses voiles enflera,
Qui la fera surgir à son port désirable.

Tel doux espoir me vient de la gaye douceur,
Qui me rit favorable en cet œil ravisseur,
De vivre autant heureux qu’ai vécu misérable.

Paris, Guillaume Chaudière, 1574, III, 77, f° 67r° [←Gallica].

TOujours au plain des champs ne tombe le malheur
Toujours Cérès ne perd ses cheveux aux campagnes
Toujours n’est foudroyé le pampre des montagnes
Et toujours l’arbre n’est dépouillé de sa fleur.

Toujours Palès ne perd dans les prés sa couleur
Toujours ne ment le gland les mois ni les châtaignes
Toujours ne vient le loup aux camuses compagnes
Et toujours n’est sur pied le meurtrier ou voleur.

Toujours l’apparilleur la grange ne dépouille
Le gendarme toujours dans le coffre ne fouille
Et toujours l’usurier ne tient son parchemin.
Bref en tous temps le ciel ne darde sur la tête
Du simple villageois son feu ni sa tempête
Et en tout temps le mal ne le guette au chemin.

Paris, Mammert Parisson, 1575, Artémis, f° 194v° [←Gallica].

Combien que l’Océan plein de divinité
Reçoive le tribut des ruisseaux et fontaine,
Bien que fleuves et lacs se roulent en sa Plaine,
Le reconnaissant père à leur éternité :

Pourtant il n’est toujours superbe ou dépité,
Toujours encontre l’air il n’enfle son haleine,
Et battant ses deux bords toujours il ne forcène,
Et n’abîme toujours le Navire emporté.

Mais l’orgueil impiteux de tes beautés altières
Océan de beauté, s’accroît de mes prières,
Et du tribut des pleurs et soupirs que j’épands :

Si bien que dessus moi s’exerçant ton Empire
Ta cruauté sans trêve, agite, roule, et vire
En tempête d’amour la file de mes ans.

Les Œuvres poétiques, livre I, « Hymne au Roi » [extrait],
Paris, Abel L’Angelier, 1578, f° 30v° [←Gallica].

[…] 

Rien ne dure toujours, tout se change et se tourne,
Et le bien et le mal plus d’un temps ne séjourne :
Toujours les Aquilons n’ébranlent les rochers,
Toujours l’ireuse mer n’engloutit les Nochers,
Toujours l’air épaissi d’orage et de tonnerre
De grêle à petits bonds ne refrappe la terre :
Toujours il ne fait chaud, et toujours arriuer
On ne voit sur les monts les bruines d’hiver :
Toujours le Tout-voyant, de sa dextre puissante
Ne brandit sur nos chefs la foudre punissante :
Et toujours sa senestre abondante en bonheur,
Ne nous verse les biens dont il est le donneur.

[…] 

Paris, Abel L’Angelier, 1578, II, Amours, XCIX, f° 57v° [←Gallica].

Toujours de Jupiter le foudroyant tonnerre,
N’écorne étincelant les Rocs fermeplantés :
Toujours des monts brûlants les gosiers éventés,
N’emplissent l’air de flamme et de cendre la Terre :

Toujours l’Austre mutin les grands sapins n’atterre,
Toujours des flots hideux les Cieux ne sont hantés,
Et toujours des mortels les cœurs épouvantés,
Ne frémissent au choc qu’un orage desserre :

Toujours l’alme Soleil loin de nos yeux ne luit,
Toujours nous ne voyons les horreurs de la nuit,
Et toujours les enfers ne s’aggravent d’encombres :

Tout change quelquefois dessous le firmament,
Le calme suit l’orage et la clarté les ombres,
Mais mon malheureux sort dure éternellement.

Nouvelles Œuvres, Contramours,
Paris, Jean Parant, 1582, Chanson, pp. 187-188 [←Gallica].

Toujours le sein de la pleureuse Hyade,
Le goubeau frais de l’Échanson Troyen
Joignant à soi la baveuse Pléiade,
Ne vont noyant notre val terrien.

Mais à la fin la campagne écumeuse
Tarit les pleurs d’Électre et de ses sœurs,
Et de Titan la face radieuse
Change en nos prés ces moites pleurs en fleurs.

Sur le nocher le mari d’Orithye
Toujours ne bouffe un gosier brise-roc :
L’âpre Mavors, verse-sang, ôte-vie
Toujours n’affile un furieux estoc.

Le temple saint du dieu double-visage
N’ouvre toujours à Bellone ses huis :
L’olive en fin de Minerve la sage
Des fiers canons étoupe les pertuis.

Après auoir sué par maintes Lunes
Sous le harnois du boute-feu Amour,
Ayant pleuré tant de nuits importunes
L’Éclipse honteux de mon printanier jour :

Enfin enfin sainte Éleuthérilide
Démantelant mon gros air épaissi
Ouvre l’oreille à ma troupe Aonide
Dardant chez moi un beau rai éclairci.

[…] 

Anvers, Christofle Plantin, 1583, livre II, p. 91 [←Gallica].

Toujours le Dieu qui son tonnerre jette,
N’atteint les monts d’Épire au long sourcil :
Pour se venger sans répit, ou merci,
Phébus encor les Grégeois ne sagette.

Courbant son arc, et lâchant sa sagette,
Diane aussi l’amour, et le souci,
De ses forêts, au temps même adouci
N’est à chasser incessamment sujette.

Donques pourquoi mon désastre, et mon soin,
De mal en pis toujours s’étend plus loin ?
Qui peut causer sa rage, et félonie ?

C’est mon Destin, qui prolixe et subtil,
De mes travaux allonge ainsi le fil :
Et moins j’ai d’heur, et plus d’aise me nie !

Les Œuvres poétiques, Amours, livre I,
Paris, Jean Huguetan, 1583, LXXIII, p. 52 [←Gallica].

Le tonnerre pressé d’un brusque tremblement,
N’élance pas toujours sa roideur enflammée,
Le navire sautant sur la mer agitée
N’est toujours engouffré par le flot ondoyant :

Les Autans forcenés d’un rude ébranlement,
N’entremêlent toujours leur force courroucée,
L’hivernale blancheur de la neige glacée,
Sur les pins élevés ne va toujours roulant.

Ainsi je ne crois point que l’aigreur soucieuse,
Qui sème dans mon cœur une humeur douloureuse,
Persévère toujours à gêner mes esprits.

Un temps viendra bientôt qui vide de misère,
Serénant les efforts de ma tristesse amère,
Apaisera l’horreur du mal qui m’a surpris.

Paris, Thomas Perier, 1585, Élégies, VI [début], f° 63r° [←Gallica].

DU vagueux Océan les ondes altérées
,, Ne menacent toujours les voûtes éthérées :
,, Toujours, des monts Riphé’s les sourcilleux coupeaux
,, De maints flocons neigeux ne tissent leurs manteaux,
,, Toujours du noir Autan la flottante Crinière
,, Ne noye les guérets de Cérès la blétière.
,, Toujours on ne voit pas de l’Hiver les glaçons,
,, Ni de l’ardent Été les utiles moissons,
,, Le Nocher infernal souvente fois se lasse,
,, Et outre l’Achéron toujours Mânes ne passe.

Enfin l’accès fievreux qui furetait mes os
Me faisant oublier et repas et repos,
Mène mon mal à rive, et sauvé du naufrage
Je couronne ma poupe en l’assuré rivage.

[…] 

L’Apollon, « plainte amoureuse » [strophes 2 et 3],
Lyon, Pierre Roussin, 1587, f° 58r° [←Gallica].

[…] 

La mer n’est pas toujours agitée de flots,
Et toujours il ne neige aux plus hautes montagnes,
Les vents sont quelquefois au fond de l’air enclos,
Sans cesse le Soleil ne brûle les campagnes :
Mais jamais je ne vois qu’un doux allègement
Mette fin à mes pleurs, à mon sì gref tourment.

Ce beau Printemps fleuri perdra plutôt ses fleurs,
Plutôt la nuit sera sans étoiles luisantes,
Que je voie sécher les torrents de mes pleurs,
Que je voie une fin de mes peines cuisantes ;
Plutôt le feu sera sans aucune chaleur,
Que t’émeuvent les crìs de ma triste douleur.

[…] 

Besançon, Nic. de Moingesse, 1594, CCXXVII, p. 195 [←Gallica].

TOujours des vents émus les soupirs mutinés

Soufflant diversement ne troublent de Neptune
De contraires efforts la demeure commune,
Donnant quelque relâche à leurs cours forcenés :

D’eux-mêmes se défont les malheurs obstinés,
Et bien que la vertu demeure toujours une
Entre les changements de l’instable fortune,
Toujours ne sont heureux les hommes fortunés.

La vertu dompte tout et parmi la tourmente
Des accidents mondains tranquille et permanente
Envoyée en exil ne bouge de son lieu.

Elle luit de soi-même et pour la calomnie
Des menteurs médisants sa fleur ne chet fanie
Fuyant l’extrémité pour loger au milieu.

Les Premières Idées d’Amour, Les Amours d’Europe,
Orléans, Fabian Horot, 1599, II, sonnet 37, p. 64 [←Gallica].

Toujours le Dieu de l’air forcené de courroux
N’éclate contre nous l’horreur de son tonnerre,
Toujours le Chien ardent ne crevasse la terre,
Éole ne foudroie incessamment sur nous.

Neptune, le principe et le père de tous,
Boursouflé çà et là toujours ne se desserre,
Toujours le froid hiver les ondes ne resserre,
Et l’Aurore toujours ne fuit son vieil époux.

L’on ne voit rien de sûr en ce terrestre monde,
Une chose fuit l’autre, ainsi qu’une onde une onde,
Le ciel même inconstant se vire en mille tours.

Ainsin incessamment je n’aurai de la peine,
Si ma maîtresse est rude, elle sera humaine,
Or’ le sujet de maux, puis celui des amours.

Le Prélude poétique, Les premières Amours d’Erice,
Paris, Gilles Robinot, 1603, XVII, f° 5r° [←Gallica].

’’   Toute chose prend fin, tout est sujet au change,
’’Tout se perd dans le cours du destin inconstant,
’’Rien ne se voit çà-bas de ferme et de constant
’’Que le temps à la fin ne tourne et ne mélange.

L’Hiver pour quelque temps se retire et s’étrange,
L’Austre ne va toujours dans l’onde grommelant
Le foudre en même lieu n’est toujours éclatant,
Toujours l’horrible Mars aus combats ne se range.

Le temps dissipe tout : il n’est pin orgueilleux,
Ni Palais si hautain, ni roc tant sourcilleux,
Que la force du temps enfin ne déracine,
Bref l’Automne, l’Été, l’Hiver et le Printemps,
Changent tous de saison, l’âge change le temps,
Mais rien ne peut changer la rigueur d’Éricine.

L’Amour victorieux, Sonnets de l’Harmonie,
Paris, Gilles Robinot, 1609, VII, ff. 124v°-125r° [←Gallica].

Toujours la nuit obscurément profonde
N’étreint le jour de son voile oublieux :
Toujours en mer l’orage impérieux
Contre la rive écumant ne redonde.

Toujours le vent deçà, delà ne gronde
Par les forêts, toujours l’ire des Cieux
Ne fait trembler, d’un souffle injurieux,
En toutes parts la fabrique du monde.

L’orage attire après soi le beau temps :
Le froid Hiver est suivi du Printemps,
Et l’Été suit la belle Primevère :

L’Automne vient sur les pas de l’Eté,
L’Hiver retourne, ainsi (belle) j’espère
Que mon tourment se verra limité.

Sedan, Jean Jannon, 1620, I, « veille d’une nuit », p. 19 [←Gallica].

R

SAns fin les vents émus n’agitent pas l’échine
De l’océan moiteux : et du haut tempêtant
N’est l’indignation dans les monts éclatant
Sans fin ses coups, ses feux, sa vengeance divine :

Il n’est pas dit aussi que celle qui domine
Dessus tes passions, enfin n’aille abattant
Cette folle hautesse et ce dédain, qui tant
Ta face diminue et ta liesse mine.

Attendant quoi, Ami, viens-t’en jusques ici,
Viens avec mes démons, et chasse tout souci :
Au moins tiens bonne mine, et ne fais plus l’esclave.

Maint gai démon t’attend, fantastique et joyeux,
Et mainte belle Nymphe en chemise se lave,
Afin qu’elle te noie en l’appât de ses yeux.

Paris et Alger, Louis Hachette, 1847, pp. 177 et 179 [←Gallica].

À Valgius

Les pluies ne se déversent pas tou­jours des nuages sur les champs hirsutes, et la mer Cas­pienne, les vents capri­cieux ne la tour­mentent pas tou­jours, et dans les contrées d’Armé­nie non plus,

ami Valgius, ne reste pas figée la glace pa­res­seuse tous les mois de l’année, pas plus que sous les Aqui­lons les chênes du Gar­gan ne va­cillent, ni de leurs feuilles ne sont vi­dés les ornes.

Mais toi, tu pour­suis tou­jours de ta voix plain­tive Mystès qui t’a été ravi ; toi, que Vesper se lève ou qu’il fuie le So­leil hâ­tant son cours, la même pas­sion reste en toi.

Pourtant le vieil­lard qui vé­cut trois vies ne pleura pas toutes ces années son ai­mable Anti­loque ; et l’en­fant Troïlus, ses pa­rents et ses sœurs phry­giennes

ne le pleu­rèrent pas tou­jours. Cesse enfin tes plaintes lan­guis­santes et chan­tons plu­tôt les nou­veaux tro­phées de Cé­sar : et le Ni­phate indo­cile,

et le fleuve de Mé­die ajou­té aux peuples vain­cus, qui roulent des tour­bil­lons amoin­dris, et les Gé­lons qui n’élancent plus leurs chevaux que sur les terres étroites qu’on leur a pres­crites.

























Paris et Alger, Louis Hachette, 1847, pp. 177 et 179 [←Gallica].

À Valgius

Les pluies ne se déversent pas tou­jours des nuages sur les champs hir­sutes, et la mer Cas­pienne, les vents capri­cieux ne la tour­mentent pas tou­jours, et dans les contrées d’Armé­nie non plus,

ami Valgius, ne reste figée la glace pa­res­seuse tous les mois de l’année, pas plus que sous les Aqui­lons les chênes du Gar­gan ne va­cillent, ni de leurs feuilles ne sont vi­dés les ornes.

Mais toi, tou­jours, tu pour­suis de ta voix plain­tive Mystès qui t’a été ravi ; toi, que Vesper se lève ou qu’il fuie le So­leil hâ­tant son cours, la même pas­sion reste en toi.

Pourtant le vieil­lard qui vé­cut trois vies ne pleura pas toutes ces années son ai­mable Anti­loque ; et l’en­fant Troïlus, ses pa­rents et ses sœurs phry­giennes

ne le pleu­rèrent pas tou­jours. Cesse enfin tes plaintes lan­guis­santes et chan­tons plu­tôt les nou­veaux tro­phées de Cé­sar : et le Ni­phate indo­cile,

et le fleuve de Mé­die ajou­té aux peuples vain­cus, qui roulent des tour­bil­lons amoin­dris, et les Gé­lons qui n’élancent plus leurs chevaux que sur les terres étroites qu’on leur a pres­crites.

Lyon, Sulpice Sabon, 1544, dizain CCCLVII, p. 163 [←Gallica].

Toujours n’est pas la mer Égée trouble,
Et Tanaïs n’est point tous temps gelé :
Mais le malheur, qui mon mal me redouble,
Incessamment avecques lui mêlé
S’enchaîne ensemble, et ainsi congelé
Me fait ardoir tant inhumainement,
Que quand par pleurs je veux soudainement
Remédier à si grande amertume :
Voulant ma flamme éteindre aucunement,
Plus je l’éteins, et plus fort je l’allume.

Paris, veuve Maurice de La Porte, 1552, Sonnets, p. 74 [←Gallica].

Toujours des bois la cime n’est chargée,
Sous les toisons d’un hiver éternel,
Toujours des Dieux le foudre criminel
Ne darde en bas sa menace enragée.

Toujours les vents, toujours la mer d’Egée
Ne gronde pas d’un orage cruel :
Mais de la dent d’un soin continuel,
Toujours toujours ma vie est outragée.

Plus je me force à le vouloir tuer,
Plus il renaît pour mieux s’évertuer
De féconder une guerre en moi-même.

Ô fort Thébain, si ta serve vertu
Avait encor ce monstre combattu,
Ce serait bien de tes faits le treizième.

Les Amours augmentées, « À Mellin de Saint-Gelais »,
Paris, veuve Maurice de La Porte, 1553, pp. 247-248 [←Gallica].

TOujours ne tempête enragée,
Contre ses bords la mer Égée,
Et toujours l’orage cruel
Des vents, comme un foudre ne gronde
Élochant la voute du Monde
D’un soufflement continuel :

Toujours l’hiver de neiges blanches,
Des Pins n’enfarine les branches :
Et du haut Apennin, toujours
La grêle le dos ne martèle,
Et toujours la glace éternelle
Des fleuves ne bride le cours :

Toujours ne durent orgueilleuses
Les Pyramides sourcilleuses,
Contre la faux du temps vainqueur :
Aussi ne doit l’ire félonne,
Qui de son fiel nous empoisonne,
Durer toujours dedans un cœur.

Rien sous le ciel ferme ne dure :
Telles lois la sage Nature
Arrêta dans ce monde, alors
Que Pyrrhe épandait sus la terre
Nos aïeux conçus d’une pierre

S’amollissante en nouveaux corps.

[…] 

Poitiers, les Marnef et Bouchet, frères, 1555, pp. 27-28 [←Gallica].

[…] 

le chœvr.

Toujours le vent tempêtant,
Sur la Mer Égée,
Ne va l’onde tourmentant
De rage enragée :

Et de l’eau fière l’effort
Qui tance sa rive,
N’empêche toujours qu’au port
La barque n’arrive.

Mais la tranquillité suit
En son rang l’orage,
Et toujours sur Mer ne bruit
La venteuse rage.

Le Jour chassé de la Nuit
Fait place à la Lune,
Puis encor le Soleil luit
Chassant la Nuit brune.

Sous le Ciel les choses sont
Toutes inconstantes,
Et par rang vont et reuont
Leur ordre changeantes.

Mais Médée ta rigueur
Constante demeure
Et prend nouvelle vigueur
Croissant d’heure en heure.

[…] 

Paris, Vincent Sertenas, 1557, sonnet VIII, f° 5r° [←Gallica].

Toujours la peste aux Grecs ne décoche Apollon,
Quelquefois il s’ébat à sonner de la lyre,
Quelquefois sur la mer bon vent a le navire
Et toujours ne court pas un orage félon,

Toujours l’honneur des champs ne dépouille Aquilon,
Quelquefois un printemps nous ramène Zéphire,
Toujours ne tonne pas aux montagnes d’Épire.
Et quelquefois le ciel est sans nul tourbillon.

Les deux frères jumeaux l’un après l’autre vivent,
Et les saisons de l’an par ordre s’entresuivent
Comme le clair jour suit la ténébreuse nuit :

Bref toute chose au monde ou se change ou se passe,
Si ce n’est le malheur qu’un Rousseau me pourchasse
Qui toujours sans repos me tourmente et me suit.

Œuvres en rime, Les Amours, Diverses Amours,
Paris, Lucas Breyer, 1573, livre I, f° 175r° [←Gallica].

Ore de mal en bien se veut tourner la chance,
Qui par un trop long temps a duré contre moi :
Il faut une autre fois essayer si ma foi
Pourrait bien rencontrer heureuse récompense.

Toujours la mer grondant contre un vaisseau ne tance :
L’air serain du fort temps chasse le triste effroi,
Et le Printemps l’Hiver : le retour doux et coi
De l’amiable paix suit des guerres l’outrance.

Toujours le flot contraire à ma nef ne sera,
Mais bientôt un bon vent ses voiles enflera,
Qui la fera surgir à son port désirable.

Tel doux espoir me vient de la gaye douceur,
Qui me rit favorable en cet œil ravisseur,
De vivre autant heureux qu’ai vécu misérable.

Paris, Guillaume Chaudière, 1574, III, 77, f° 67r° [←Gallica].

TOujours au plain des champs ne tombe le malheur
Toujours Cérès ne perd ses cheveux aux campagnes
Toujours n’est foudroyé le pampre des montagnes
Et toujours l’arbre n’est dépouillé de sa fleur.

Toujours Palès ne perd dans les prés sa couleur
Toujours ne ment le gland les mois ni les châtaignes
Toujours ne vient le loup aux camuses compagnes
Et toujours n’est sur pied le meurtrier ou voleur.

Toujours l’apparilleur la grange ne dépouille
Le gendarme toujours dans le coffre ne fouille
Et toujours l’usurier ne tient son parchemin.
Bref en tous temps le ciel ne darde sur la tête
Du simple villageois son feu ni sa tempête
Et en tout temps le mal ne le guette au chemin.

Paris, Mammert Parisson, 1575, Artémis, f° 194v° [←Gallica].

Combien que l’Océan plein de divinité
Reçoive le tribut des ruisseaux et fontaine,
Bien que fleuves et lacs se roulent en sa Plaine,
Le reconnaissant père à leur éternité :

Pourtant il n’est toujours superbe ou dépité,
Toujours encontre l’air il n’enfle son haleine,
Et battant ses deux bords toujours il ne forcène,
Et n’abîme toujours le Navire emporté.

Mais l’orgueil impiteux de tes beautés altières
Océan de beauté, s’accroît de mes prières,
Et du tribut des pleurs et soupirs que j’épands :

Si bien que dessus moi s’exerçant ton Empire
Ta cruauté sans trêve, agite, roule, et vire
En tempête d’amour la file de mes ans.

Les Œuvres poétiques, livre I, « Hymne au Roi » [extrait],
Paris, Abel L’Angelier, 1578, f° 30v° [←Gallica].

[…] 

Rien ne dure toujours, tout se change et se tourne,
Et le bien et le mal plus d’un temps ne séjourne:
Toujours les Aquilons n’ébranlent les rochers,
Toujours l’ireuse mer n’engloutit les Nochers,
Toujours l’air épaissi d’orage et de tonnerre
De grêle à petits bonds ne refrappe la terre :
Toujours il ne fait chaud, et toujours arriuer
On ne voit sur les monts les bruines d’hiver :
Toujours le Tout-voyant, de sa dextre puissante
Ne brandit sur nos chefs la foudre punissante :
Et toujours sa senestre abondante en bonheur,
Ne nous verse les biens dont il est le donneur.

[…] 

Paris, Abel L’Angelier, 1578, II, Amours, XCIX, f° 57v° [←Gallica].

Toujours de Jupiter le foudroyant tonnerre,
N’écorne étincelant les Rocs fermeplantés :
Toujours des monts brûlants les gosiers éventés,
N’emplissent l’air de flamme et de cendre la Terre :

Toujours l’Austre mutin les grands sapins n’atterre,
Toujours des flots hideux les Cieux ne sont hantés,
Et toujours des mortels les cœurs épouvantés,
Ne frémissent au choc qu’un orage desserre :

Toujours l’alme Soleil loin de nos yeux ne luit,
Toujours nous ne voyons les horreurs de la nuit,
Et toujours les enfers ne s’aggravent d’encombres :

Tout change quelquefois dessous le firmament,
Le calme suit l’orage et la clarté les ombres,
Mais mon malheureux sort dure éternellement.

Nouvelles Œuvres, Contramours,
Paris, Jean Parant, 1582, Chanson, pp. 187-188 [←Gallica].

Toujours le sein de la pleureuse Hyade,
Le goubeau frais de l’Échanson Troyen
Joignant à soi la baveuse Pléiade,
Ne vont noyant notre val terrien.

Mais à la fin la campagne écumeuse
Tarit les pleurs d’Électre et de ses sœurs,
Et de Titan la face radieuse
Change en nos prés ces moites pleurs en fleurs.

Sur le nocher le mari d’Orithye
Toujours ne bouffe un gosier brise-roc :
L’âpre Mavors, verse-sang, ôte-vie
Toujours n’affile un furieux estoc.

Le temple saint du dieu double-visage
N’ouvre toujours à Bellone ses huis :
L’olive en fin de Minerve la sage
Des fiers canons étoupe les pertuis.

Après avoir sué par maintes Lunes
Sous le harnois du boute-feu Amour,
Ayant pleuré tant de nuits importunes
L’Éclipse honteux de mon printanier jour :

Enfin enfin sainte Éleuthérilide
Démantelant mon gros air épaissi
Ouvre l’oreille à ma troupe Aonide
Dardant chez moi un beau rai éclairci.

[…] 

Anvers, Christofle Plantin, 1583, livre II, p. 91 [←Gallica].

Toujours le Dieu qui son tonnerre jette,
N’atteint les monts d’Épire au long sourcil :
Pour se venger sans répit, ou merci,
Phébus encor les Grégeois ne sagette.

Courbant son arc, et lâchant sa sagette,
Diane aussi l’amour, et le souci,
De ses forêts, au temps même adouci
N’est à chasser incessamment sujette.

Donques pourquoi mon désastre, et mon soin,
De mal en pis toujours s’étend plus loin ?
Qui peut causer sa rage, et félonie ?

C’est mon Destin, qui prolixe et subtil,
De mes travauxs allonge ainsi le fil :
Et moins j’ai d’heur, et plus d’aise me nie !

Les Œuvres poétiques, Amours, livre I,
Paris, Jean Huguetan, 1583, LXXIII, p. 52 [←Gallica].

Le tonnerre pressé d’un brusque tremblement,
N’élance pas toujours sa roideur enflammée,
Le navire sautant sur la mer agitée
N’est toujours engouffré par le flot ondoyant :

Les Autans forcenés d’un rude ébranlement,
N’entremêlent toujours leur force courroucée,
L’hivernale blancheur de la neige glacée,
Sur les pins élevés ne va toujours roulant.

Ainsi je ne crois point que l’aigreur soucieuse,
Qui sème dans mon cœur une humeur douloureuse,
Persévère toujours à gêner mes esprits.

Un temps viendra bientôt qui vide de misère,
Serénant les efforts de ma tristesse amère,
Apaisera l’horreur du mal qui m’a surpris.

Paris, Thomas Perier, 1585, Élégies, VI [début], f° 63r° [←Gallica].

DU vagueux Océan les ondes altérées
,, Ne menacent toujours les voûtes éthérées :
,, Toujours, des monts Riphé’s les sourcilleux coupeaux
,, De maints flocons neigeux ne tissent leurs manteaux,
,, Toujours du noir Autan la flottante Crinière
,, Ne noye les guérets de Cérès la blétiere.
,, Toujours on ne voit pas de l’Hiver les glaçons,
,, Ni de l’ardent Été les utiles moissons,
,, Le Nocher infernal souvente fois se lasse,
,, Et outre l’Achéron toujours Mânes ne passe.

Enfin l’accès fievreux qui furetait mes os
Me faisant oublier et repas et repos,
Mène mon mal à rive, et sauvé du naufrage
Je couronne ma poupe en l’assuré rivage.

[…] 

L’Apollon, « plainte amoureuse » [strophes 2 et 3],
Lyon, Pierre Roussin, 1587, f° 58r° [←Gallica].

[…] 

La mer n’est pas toujours agitée de flots,
Et toujours il ne neige aux plus hautes montagnes,
Les vents sont quelquefois au fond de l’air enclos,
Sans cesse le Soleil ne brûle les campagnes :
Mais jamais je ne vois qu’un doux allègement
Mette fin à mes pleurs, à mon sì gref tourment.

Ce beau Printemps fleuri perdra plutôt ses fleurs,
Plutôt la nuit sera sans étoiles luisantes,
Que je voie sécher les torrents de mes pleurs,
Que je voie une fin de mes peines cuisantes ;
Plutôt le feu sera sans aucune chaleur,
Que t’émeuvent les crìs de ma triste douleur.

[…] 

Besançon, Nic. de Moingesse, 1594, CCXXVII, p. 195 [←Gallica].

TOujours des vents émus les soupirs mutinés

Soufflant diversement ne troublent de Neptune
De contraires efforts la demeure commune,
Donnant quelque relasche à leurs cours forcenés :

D’eux-mêmes se défont les malheurs obstinés,
Et bien que la vertu demeure toujours une
Entre les changements de l’instable fortune,
Toujours ne sont heureux les hommes fortunés.

La vertu dompte tout et parmi la tourmente
Des accidents mondains tranquille et permanente
Envoyée en exil ne bouge de son lieu.

Elle luit de soi-même et pour la calomnie
Des menteurs médisants sa fleur ne chet fanie
Fuyant l’extrémité pour loger au milieu.

Les Premières Idées d’Amour, Les Amours d’Europe,
Orléans, Fabian Horot, 1599, II, sonnet 37, p. 64 [←Gallica].

Toujours le Dieu de l’air forcené de courroux
N’éclate contre nous l’horreur de son tonnerre,
Toujours le Chien ardent ne crevasse la terre,
Éole ne foudroie incessamment sur nous.

Neptune, le principe et le père de tous,
Boursouflé çà et là toujours ne se desserre,
Toujours le froid hiver les ondes ne resserre,
Et l’Aurore toujours ne fuit son vieil époux.

L’on ne voit rien de sûr en ce terrestre monde,
Une chose fuit l’autre, ainsi qu’une onde une onde,
Le ciel même inconstant se vire en mille tours.

Ainsin incessamment je n’aurai de la peine,
Si ma maîtresse est rude, elle sera humaine,
Or’ le sujet de maux, puis celui des amours.

Le Prélude poétique, Les premières Amours d’Erice,
Paris, Gilles Robinot, 1603, XVII, f° 5r° [←Gallica].

’’   Toute chose prend fin, tout est sujet au change,
’’Tout se perd dans le cours du destin inconstant,
’’Rien ne se voit çà-bas de ferme et de constant
’’Que le temps à la fin ne tourne et ne mélange.

L’Hiver pour quelque temps se retire et s’étrange,
L’Austre ne va toujours dans l’onde grommelant
Le foudre en même lieu n’est toujours éclatant,
Toujours l’horrible Mars aus combats ne se range.

Le temps dissipe tout : il n’est pin orgueilleux,
Ni Palais si hautain, ni roc tant sourcilleux,
Que la force du temps enfin ne déracine,
Bref l’Automne, l’Été, l’Hiver et le Printemps,
Changent tous de saison, l’âge change le temps,
Mais rien ne peut changer la rigueur d’Éricine.

L’Amour victorieux, Sonnets de l’Harmonie,
Paris, Gilles Robinot, 1609, VII, ff. 124v°-125r° [←Gallica].

Toujours la nuit obscurément profonde
N’étreint le jour de son voile oublieux :
Toujours en mer l’orage impérieux
Contre la rive écumant ne redonde.

Toujours le vent deçà, delà ne gronde
Par les forêts, toujours l’ire des Cieux
Ne fait trembler, d’un souffle injurieux,
En toutes parts la fabrique du monde.

L’orage attire après soi le beau temps :
Le froid Hiver est suivi du Printemps,
Et l’Été suit la belle Primevère :

L’Automne vient sur les pas de l’Eté,
L’Hiver retourne, ainsi (belle) j’espère
Que mon tourment se verra limité.

Sedan, Jean Jannon, 1620, I, « veille d’une nuit », p. 19 [←Gallica].

R

SAns fin les vents émus n’agitent pas l’échine
De l’océan moiteux : et du haut tempêtant
N’est l’indignation dans les monts éclatant
Sans fin ses coups, ses feux, sa vengeance divine :

Il n’est pas dit aussi que celle qui domine
Dessus tes passions, enfin n’aille abattant
Cette folle hautesse et ce dédain, qui tant
Ta face diminue et ta liesse mine.

Attendant quoi, Ami, viens-t’en jusques ici,
Viens avec mes démons, et chasse tout souci :
Au moins tiens bonne mine, et ne fais plus l’esclave.

Maint gai démon t’attend, fantastique et joyeux,
Et mainte belle Nymphe en chemise se lave,
Afin qu’elle te noie en l’appât de ses yeux.

























textes modernisés
[R]

 

En ligne le 20/02/18.
Dernière révision le 23/10/20.