Pierre LE LOYER (1550-1634)
Sous un voile mortel…
Paris, Jean Poupy, 1579.

Souz vn voile mortel ce beau front de deesse,
Cest honneur Amoureux sans aucun deshonneur,
Ceste douceur meslee en seuere rigueur,
Et ceste humilité plaine de gentillesse.

Ce maintien & ce port, qui monstre sa noblesse,
Ce silence parlant que decouure mon cœur,
Ces deux astres luisans d’vne viue splendeur,
Et en vn simple habit ce marcher de Princesse.

Ces roses qu’au Soleil on ne void point fanir,
Ceste nege qui peut les chaleurs soustenir,
Deuenant par le chault plus forte & endurcye.

Ces rubis, cest yuoire, & ce crespe, & cest or,
Ce cinabre, & ce nacre & cest ebene encor,
Ce sont les doux Tirans qui tourmentent ma vie.

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Souz vn voile mortel ce beau front de deesse,
Cest honneur Amoureux sans aucun deshonneur,
Ceste douceur meslee en seuere rigueur,
Et ceste humilité plaine de gentillesse.

Ce maintien & ce port, qui monstre sa noblesse,
Ce silence parlant que decouure mon cœur,
Ces deux astres luisans d’vne viue splendeur,
Et en vn simple habit ce marcher de Princesse.

Ces roses qu’au Soleil on ne void point fanir,
Ceste nege qui peut les chaleurs soustenir,
Deuenant par le chault plus forte & endurcye.

Ces rubis, cest yuoire, & ce crespe, & cest or,
Ce cinabre, & ce nacre & cest ebene encor,
Ce sont les doux Tirans qui tourmentent ma vie.

 

En ligne le 17/09/17.
Dernière révision le 20/03/20.