Pierre de RONSARD (1524-1585)
Quand vous serez bien vieille…
Paris, Gabriel Buon, 1578.

Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
Assise aupres du feu, deuidant & filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerueillant,
Ronsard me celebroit, du temps que i’estois belle.

Lors vous n’aurez seruante oyant telle nouuelle,
Desià sous le labeur à demy sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s’aille resueillant,
Benissant vostre nom de louange immortelle.

Ie seray sous la terre, & fantaume sans os:
Par les ombres Myrtheux ie prendray mon repos:
Vous serez au fouyer vne vieille accroupie,

Regrettant mon amour, & vostre fier desdain.
Viuez, si m’en croyez, n’attendez à demain:
Cueillez dés auiourdhuy les roses de la vie.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
Assise aupres du feu, deuidant & filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerueillant,
Ronsard me celebroit, du temps que i’estois belle.

Lors vous n’aurez seruante oyant telle nouuelle,
Desià sous le labeur à demy sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s’aille resueillant,
Benissant vostre nom de louange immortelle.

Ie seray sous la terre, & fantaume sans os:
Par les ombres Myrtheux ie prendray mon repos:
Vous serez au fouyer vne vieille accroupie,

Regrettant mon amour, & vostre fier desdain.
Viuez, si m’en croyez, n’attendez à demain:
Cueillez dés auiourdhuy les roses de la vie.

 

En ligne le 17/12/16.
Dernière révision le 07/06/18.