Jean Antoine de BAÏF (1532-1589)
Tout tel que j’ai été…
Paris, André Wechel, 1555.

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textes de
Baïf

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propos :
la constance
dans l’amour

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[…] 
Tout tel que i’ay etté des mon amour premier,
Ie ueus estre enuers toy iusqu’à mon iour dernier,
Voire plus outre encor s’il se pouuoit bien faire.
Ou me soit doux Amour ou me soit il contraire,
Ou fortune me hausse, ou me repousse en bas,
Ie seray touiours mesme, & ne uariray pas.

Ie suis de uraie foy le rocher immuable,
Qui au profond des eaux planté, non ebranlable,
Est batu tout autour des uents & de la mer,
Qui en uain contre luy font les flots ecumer.
Ou soit la mer contraire ou soit elle bonasse,
Face calme ou tourmente, il ne change de place,
Il est mesme touiours, ainsi mesme sera,
Et ma constante foy iamais ne changera.
Vne lime de plomb lon pourra faire prendre
Dessus le diamant deuenu mol & tendre,
Deuant que de fortune ou d’amour la rigueur
Puisse rompre la foy constante de mon cueur.
Et deuant lon uerra d’une uoie rebourse
Les fleuues retourner contremont à leur sourse,
Que pour rien mes pensers te puissent delaisser,
Francine, a leur seul but, pour ailleurs s’adresser.
[…] 

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

[…] 
Tout tel que i’ay etté des mon amour premier,
Ie ueus estre enuers toy iusqu’à mon iour dernier,
Voire plus outre encor s’il se pouuoit bien faire.
Ou me soit doux Amour ou me soit il contraire,
Ou fortune me hausse, ou me repousse en bas,
Ie seray touiours mesme, & ne uariray pas.

Ie suis de uraie foy le rocher immuable,
Qui au profond des eaux planté, non ebranlable,
Est batu tout autour des uents & de la mer,
Qui en uain contre luy font les flots ecumer.
Ou soit la mer contraire ou soit elle bonasse,
Face calme ou tourmente, il ne change de place,
Il est mesme touiours, ainsi mesme sera,
Et ma constante foy iamais ne changera.
Vne lime de plomb lon pourra faire prendre
Dessus le diamant deuenu mol & tendre,
Deuant que de fortune ou d’amour la rigueur
Puisse rompre la foy constante de mon cueur.
Et deuant lon uerra d’une uoie rebourse
Les fleuues retourner contremont à leur sourse,
Que pour rien mes pensers te puissent delaisser,
Francine, a leur seul but, pour ailleurs s’adresser.
[…] 

 

En ligne le 08/04/09.
Dernière révision le 22/03/21.