D’vne incroyable
amour,
d’vn desir,
d’vne crainte,
La chaleur,
l’esguillon,
& la morne froideur,
A languir, s’esgarer, & geler en
l’ardeur,
Sourde,
aueugle,
& muette,
ont mon ame
contrainte.
Je n’ose descouurir
mon affection
sainte,
Bruslé, point, & glacé, ie couue mon mal-heur,
Et taschant d’amoindrir l’effort
de ma douleur,
Je deçoy ma raison
par vne fable feinte.
Helas mon cher Soleil,
cognois donc mon esmoy,
Mon desir,
& ma peur,
prenant pitié
de moy,
Comme d’vn criminel,
qui gesné par le
cable
Sent l’angoisseux
tourment,
& ne s’ose escrier:
Car ie suis à la chaisne,
& ne t’ose
prier,
Toy qui peux seule oster la douleur
qui m’acable.
D’vne incroyable
amour,
d’vn desir,
d’vne crainte,
La chaleur,
l’esguillon,
& la morne froideur,
A languir, s’esgarer, & geler en
l’ardeur,
Sourde,
aueugle,
& muette,
ont mon ame
contrainte.
Je n’ose descouurir
mon affection
sainte,
Bruslé, point, & glacé, ie couue mon mal-heur,
Et taschant d’amoindrir l’effort
de ma douleur,
Je deçoy ma raison
par vne fable feinte.
Helas mon cher Soleil,
cognois donc mon esmoy,
Mon desir,
& ma peur,
prenant pitié
de moy,
Comme d’vn criminel,
qui gesné par le
cable
Sent l’angoisseux
tourment,
& ne s’ose escrier:
Car ie suis à la chaisne,
& ne t’ose
prier,
Toy qui peux seule oster la douleur
qui m’acable.
En ligne le 10/12/05.
Dernière révision le 23/09/10.