Les Épithètes
de Maurice de La Porte (1571)
««« Parques »»»

« la troupe fatale », « la Parque » ou « Parques » dans :
Hesteau
~ Passants ne cherchez plus…
J. Du Chesne
~ Ô Lèthe sommeilleux…
Le Poulchre
~ Ah de qui misérable…
Angot
~ Je ne crains d’Aquilon…

~#~
















fuseau, travail, ciseaux de la troupe fatale : instruments des Parques filandières
¶ la Parque fatale : Atropos

voir aussi
« Parques » selon
# Martin, 1544.
# Proust, 1549.
# Bouillet, 1878.

 

Parques. Cruelles, envieuses, meurtrières, noires, outra­geuses, pâles, félonnes, ridées, superbes, violentes, odieuses, blêmes ou blêmies, inhu­maines, filan­dières, traîtresses, orgueil­leuses, inexo­rables, vieilles, iniques, dépites ou dépi­teuses, sévères, ennemies, injustes, terribles, maupi­teuses, domma­geables, stygiennes, venge­resses, mauvaises, horribles, ravis­santes, impi­toyables, tristes, fatales, rigou­reuses, méchantes, filles de la nuit.

Les Parques (ce disent les poètes) sont trois en nombre, à savoir Cloton, Lachésis, et Atropos, et les feignent être filles d’Hérèbe et de la Nuit : ils les appellent aussi déesses fatales, parce que la vie des hommes est par elles filée, et pour cela sont nommées filan­dières.

Maurice de LA PORTE, Les Épithètes, 1571,
f° 184v° [Gallica, N0050715_PDF_395]
(texte modernisé).







Jehan MARTIN, 1544.


Parques, déesses fatales, ou destinées […]. Elles filent sur leur rouet les vies de tous animaux, et ne les peut-on mouvoir par aucunes prières pour en allonger une tant soit peu. Leurs noms sont Clotho, qui signifie évo­cation : et celle-là tient la quenouille. La seconde Lachésis, inter­prétée sort ou fortune : laquelle tire le filet. Et la tierce Atropos, exposée immuable : et celle-là tient un couteau pour le couper quand bon lui semble.

Jehan MARTIN, « Exposition de plusieurs mots contenus en ce livre, dont l’intelligence n’est commune »
in L’Arcadie de Messire Jacques Sannazar,
mise d’Italien en Français, 1544,
f° 128v° [Gallica, N0110564_PDF_256]
(texte modernisé).







Jean PROUST, 1549.


Vierges fatales.) Qui tiennent la vie, et les destinées des hommes. Elles sont trois, Clotho, Lachesis, et Atropos, et sont filles de Demogorgon l’ancien père des dieux.

Jean PROUST, « Brève exposition de quelques passages poétiques les plus difficiles contenus en cet œuvre »,
« Du Prosphonématique »,
in DU BELLAY, Recueil de Poésie, 1549
p. 72 [Gallica, N071119_73]
(texte modernisé).







Marie-Nicolas BOUILLET, 1878.


PARQUES (les), divinités des Enfers chargées de filer la vie des hommes, étaient au nombre de trois, Clotho, Lachésis, Atropos : Clotho préside à la naissance et tient le fuseau, Lachésis le tourne et file, Atropos coupe le fil. C’est ce qu’exprime le vers latin :
  Clotho colum retinet, Lachesis net, et Atropos occat.
On faisait naître les Parques de l’Érèbe et de la Nuit, ou de Jupiter et de Thémis, et on les disait sœurs des Furies ; on les figurait sous les traits de vieilles femmes tristes et laides.

Marie-Nicolas BOUILLET,
Dictionnaire universel d’Histoire et de Géographie,
vingt-sixième édition, 1878, p. 1435
[Gallica, N0004849].








Parques. Cruelles, enuieuses, meurtrieres, noires, outtra­geuses, palles, felonnes, ridees, superbes, violentes, odieuses, blesmes ou blesmies, inhu­maines, filan­dieres, traistresses, orgueil­leuses, inexo­rables, vieilles, iniques, despites ou despi­teuses, seueres, ennemies, iniustes, terribles, maupi­teuses, domma­geables, stygiennes, vange­resses, mauuaises, horribles, rauis­santes, impi­toiables, tristes, fatales, rigou­reuses, meschantes, filles de la nuit.

Les Parques (ce disent les poëtes) sont trois en nombre, à sçauoir Cloton, Lachesis, & Atropos, & les feignent estre filles d’Herebe & de la Nuit: ils les appellent aussi deesses fatales, parce que la vie des hommes est par elles filee, & pour cela sont nommees filandieres.

Maurice de LA PORTE, Les Epithetes, 1571,
f° 184v° [Gallica, N0050715_PDF_395]
(texte original).








Iehan MARTIN, 1544.


Parques, deesses fatales, ou destinées […]. Elles filent sus leur rouet les uies de tous animaux, & ne les peult on mouuoir par aucunes prieres pour en allonger une tant soit peu. Leurs noms sont Clotho, qui signifie euo­cation: & ceste la tient la conoille. La seconde Lachesis, inter­pretée sort ou fortune: laquelle tire le filet. & la tierce Atropos, exposée immuable: & ceste la tient un couteau pour le couper quand bon lui semble.

Iehan MARTIN, « Exposition de plusieurs motz contenuz en ce liure, dont l’intelligence n’est commune »
in L’Arcadie de Messire Iaques Sannazar,
mise d’Italien en Francoys, 1544,
f° 128v° [Gallica, N0110564_PDF_256]
(texte original).








Ian PROUST, 1549.


Vierges fatales.) Qui tiennent la uie, & les destinées des hommes. Elles sont trois, Clotho, Lachesis, & Atropos, & sont filles de Demogorgon l’ancien pere des dieux.

Ian PROUST, « Brieue exposition de quelques passaiges poëtiques les plus difficiles contenuz en cet œuure »,
« Du Prosphonematique »,
in DU BELLAY, Recueil de Poesie, 1549
p. 72 [Gallica, N071119_73]
(texte original).








Liens

* On peut lire, dans les très riches pages Langues anciennes du site de l’Académie de Nancy-Metz, un extrait traduit et commenté des Noces de Thétis et Pélée de Catulle : le chant des Parques et le destin d’Achille (chercher la note du vers 325) ; regarder aussi l’image commentée d’une mosaïque où figurent les Parques entourant Achille (regarder l’image en noir et blanc, sous l’image en couleur, pour voir l’ensemble des trois Parques avec Atropos à droite).

* On peut voir 6 gravures des Parques sur le site du Los Angeles County Museum of Art : les sœurs fatales de Hans Baldung Grien (1513), les trois Parques de Jacob Matham (1588), les trois Parques attribuées au même Matham (1587), les trois Parques de Jan Harmensz. Muller (1571-1628), la Nécessité commandant aux Parques d’Antonio Tempesta (1612), une autre gravure du même artiste où la même scène figure dans un détail (1612).

Liens valides au 31/05/08.