««« Turcs »»»

« Turc » dans :
Blan­chon
1583
~ L’Amour, la Mort, le sort…
Grisel
1599
~ Si vous comp­tez les flots…

~#~














 

Turcs. Maho­mé­tains ou ma­ho­mé­tistes, infi­dèles, sar­ra­sins, chiches, mé­cré­ants, cir­con­cis, vilains, im­pi­toyables, mau­vais, puis­sants, guer­riers, su­per­sti­tieux, ot­to­ma­nistes, chiens, bar­bares, me­na­çants, cruels, au­da­cieux, francs-archers, mé­chants, hor­ribles, enne­mis des chré­tiens, ri­gou­reux, adroits, vites, po­li­tiques, ha­sar­deux.

Les Turcs, entre les­quels ce mot est odieux, sont sortis des Parthes et de la pro­vince nom­mée Tur­ques­tan, dite ancien­ne­ment Arie. Ils tiennent la reli­gion (si on la doit ainsi nom­mer) dont leur endia­blé Maho­met les a ensor­ce­lés, sui­vant laquelle il leur est licite d’avoir plu­sieurs femmes, et tant de concu­bines qu’ils en peuvent nour­rir. Tou­te­fois les enfants des unes et des autres succèdent éga­le­ment au bien du père, sauf que deux femelles n’em­portent non plus qu’un mâle : lequel étant par­ve­nu à l’âge de sept ou huit ans, est cir­con­cis solen­nel­le­ment en la mai­son de ses parents. Ils n’usent point de vin : mais ne font dif­fi­cul­té de man­ger des rai­sins, et boire du moût. Davan­tage ils s’abs­tiennent de porc et de la chair de tout ani­mant suf­fo­qué, jeû­nant aussi tous les ans cinq se­maines durant, sans que le jour ils mangent ni boivent ni se mêlent avec leurs femmes : mais dès le soleil cou­ché jusqu’au len­de­main matin ils s’en acquittent à leur aise, ne s’asseyant jamais qu’à terre, soit pour boire ou pour man­ger, ou bien en leurs Mos­quées et autres lieux, ainsi que nous voyons par deçà les cou­tu­riers en fai­sant leur besogne. Entre tous les hommes de ce monde ils ob­servent mieux la disci­pline mili­taire, et usent en leurs autres affaires de grande police, punis­sant rigou­reu­se­ment les for­faits : mais ils sont fort avares et super­sti­tieux. Au sur­plus Maho­met leur a bâti un enfer, et fait plu­sieurs para­dis après cette vie, lieux de délices et volup­té, aux­quels il dit que les femmes ne vont point, tout ainsi qu’elles n’entrent aux Mos­quées, pource qu’elles ne sont cir­con­cises. [dans la marge : Belon en ses Obser­va­tions, livre 3, chap. 16.]

Maurice de LA PORTE, Les Épithètes, 1571,
f° 269v° [Gallica, NUMM-50715, PDF_545]
(texte modernisé).

[Bleu turquin. Azur.]

[Turquesque. Capti­vi­té.]

[Turquet. Blé.]

[Turquin /-ine. Écar­late flèche, tapis ou ta­pis­se­rie.]

[Turquine, c.-à-d. azu­rée. Cou­leur.]

[Turquois /-oise. Arc, écar­late, flèche, pierre ou pier­re­rie, pourpre, ver­dure.]

[Voir aussi Baby­lone, Grèce, Jéru­sa­lem ainsi que Alle­mands, Arabes, Écos­sais, Espa­gnols, Éthio­piens, Flo­ren­tins, Fran­çais, Mores, Sici­liens, Suisses, Véni­tiens et Grecs, Parthes, Romains, Scythes]


 

Avertis­se­ment

Cata­logue de lieux communs, quand bien même recueil­lis chez les poètes et « plu­sieurs savants per­son­nages », le recueil des Épi­thètes de Maurice de La Porte n’échappe évi­dem­ment pas aux sté­ré­o­types qu’on dira aujour­d’hui nour­ris des peurs, fan­tasmes, igno­rances et pré­ju­gés propres aux fran­co­phones catho­liques mâles à la peau blanche de 1571, chez qui l’auteur a pui­sé et aux­quels ils étaient des­ti­nés. On les publie sans vou­loir rien en omettre, à titre de docu­ments sus­cep­tibles de révé­ler la langue et la pen­sée d’une époque, en son­geant aussi qu’ils peuvent indi­quer pour notre époque les dan­gers du recours irré­flé­chi, auto­ma­tique, aux res­sour­ces de la langue.



 

«««  #  »»»

Turcs. Mahu­me­tains ou ma­hu­me­tistes, infi­deles, sar­ra­zins, chiches, mes­cre­ans, cir­con­cis, vilains, im­pi­toiables, mau­uais, puis­sans, guer­riers, su­per­sti­tieus, otho­ma­nistes, chiens, bar­bares, me­na­çans, cruels, au­da­cieus, francs-archers, mes­chans, hor­ribles, en­ne­mis des chres­tiens, ri­gou­reus, adroits, vistes, po­li­tiques, ha­sar­deus.

Les Turcs, entre les­quels ce mot est odieus, sont sor­tis des Parthes & de la pro­uince nom­mee Turques­tan, ditte ancien­ne­ment Arie. Ils tiennent la reli­gion (si on la doit ainsi nom­mer) dont leur endia­blé Mahom­met les a ensor­ce­lez, sui­uant laquelle il leur est licite d’auoir plu­sieurs femmes, & tant de concu­bines qu’ils en peuuent nour­rir. Tou­tes­fois les enfants des vnes & des autres suc­cedent ega­le­ment au bien du pere, sauf que deux femelles n’em­portent non plus qu’vn mâle: lequel estant par­ue­nu à l’aage de sept ou huit ans, est cir­con­cis solen­nel­le­ment en la mai­son de ses parens. Ils n’vsent point de vin: mais ne font dif­fi­cul­té de man­ger des rai­sins, & boire du moust. Dauan­tage ils s’abs­tiennent de porc & de la chair de tout ani­mant suf­fo­qué, ieus­nans aussi tous les ans cinq sep­maines durant, sans que le iour ils mangent ni boiuent ni se meslent auec leurs femmes: mais dés le soleil cou­ché iusques au len­de­main matin ils s’en acquitent à leur aise, ne s’asseans iamais qu’a terre, soit pour boire ou pour man­ger, ou bien en leurs Mos­quees & autres lieux, ainsi que nous voions par deça les cous­tu­riers en fai­sans leur besongne. Entre tous les hommes de ce monde ils ob­seruent mieux la disci­pline mili­taire, & vsent en leurs autres affaires de grande police, punis­sans rigou­reu­se­ment les for­faits: mais ils sont fort auares & super­sti­tieus. Au sur­plus Mahom­met leur a basti vn enfer, & fait plu­sieurs para­dis apres ceste vie, lieux de delices & volup­té, aux­quels il dit que les femmes ne vont point, tout ainsi qu’elles n’entrent aux Mos­quees, pource qu’elles ne sont cir­con­cises. [dans la marge : Belon en ses obser­uat. liu.3. chap.16.]

Maurice de LA PORTE, Les Epithetes, 1571,
f° 269v° [Gallica, NUMM-50715, PDF_545]
(texte original).

[Bleu turquin. Azur.]

[Turquesque. Capti­ui­té.]

[Turquet. Blé.]

[Turquin /-ine. Escar­late fleche, tapis ou ta­pis­serie.]

[Tur­quine, I. azu­ree. Couleur.]

[Turquois /-oise. Arc, escar­late, fleche, pierre ou pier­re­rie, pourpre, ver­dure.]

[Voir aussi Baby­lone, Grece, Hieru­sa­lem ainsi que Æthio­piens, Ale­mans, Arabes, Escos­sois, Espa­gnols, Floren­tins, François, Mores, Sici­liens, Suisses, Veni­tiens et Grecs, Parthes, Romains, Scythes]