Grâce. Divine, courtoise, bienséante, mignarde, bonne, favorable, excellente, bénigne, pitoyable, miséricordieuse, humaine, naïve, belle, douce, rémissible, honnête, amiable, joyeuse, triple, affable, blandissante, délectable, propre, gentille, pardonnante.
Grâce a diverses significations. Aucunefois ce mot est pris pour le bien et plaisir qu’on a fait à celui qui ne l’a desservi : Quelquefois pour le pardon et rémission d’un malfait : C’est aussi le nom des trois déesses, que les Grecs nommaient Charites : Davantage il signifie ce que les Latins appellent Decor, qui est le maintien qu’a la personne, quand ce qu’elle dit ou fait lui sied bien ou mal.
Maurice de LA PORTE, Les
Épithètes,
1571,
f° 116r° [Gallica, N0050715_PDF_238]
(texte modernisé).
[Gracieux /-euse /-s. Accueil, amiellure, Amour, amoureux ou amant, attrait, baiser, bonté, Charites, clémence, courtisane, courtoisie, dame, don, douceur, faconde, faveur, fille, geste, homme, lettres, maintien, merci, nouveauté, nouvelles, odeur bonne, parfum, parole, plaisir, présent, printemps, repos, ris, saveur, somme ou sommeil, souris, thym, traitement, Vénus, visage, vit, yeux, Zéphyre.]
[Mal-gracieux /-euse. Austérité, joug, vieil ou vieillard.]
[Mère des Grâces. Vénus.]
Des Grâces) Les Grâces, ou selon le grec les Charites, sont les trois pucelles, qui suivent la Déesse d’Amour. La I. s’appelle Aglaë, qui se peut interpréter majesté. La II. Euphrosine, c’est autant comme liesse, et joyeuseté. La III. Thalie, on la peut entendre pour une certaine gaillardise, soit en gestes, ou en paroles. Quelques-uns y ajoutent Pitho, qui est la Déesse de persuasion : les autres Pasithée, c’est comme si on disait toute divine, & qui comprend en soi la majesté, la joyeuseté, gaillardise, & faconde de toutes les autres.
Jean PROUST,
« Brève exposition de quelques passages
poétiques les plus difficiles contenus en cet
œuvre »,
« De l’Ode II., p. 28 »,
in DU BELLAY, Recueil de Poésie,
1549
pp. 77-78 [Gallica, N071119_PDF_78_79]
(texte modernisé).
GRÂCES (les), Charites chez les Grecs, Gratiæchez les Latins, filles de Jupiter et d’Eurynome, ou selon d’autres d’Apollon et de Vénus, étaient les compagnes de Vénus et présidaient à la gaieté des festins, à l’harmonie des fêtes, à la joie innocente, à tout ce qui est beau, radieux, attrayant ; elles étaient la personnification de ce qu’il [y] a de plus séduisant dans la beauté. Les Grecs juraient par les Grâces et ouvraient le repas en vidant une coupe en leur honneur. On en compte ordinairement trois : Aglaé (brillante), Thalie (verdoyante, qui inspire la joie), et Euphrosyne (qui réjouit l’âme). A Sparte et à Athènes, on n’en admettait que deux. On les représentait tantôt vêtues de longues robes, tantôt sous la figure de trois jeunes vierges nues, sans ceinture, les mains et les bras entrelacés, et formant des danses agréables auprès de Vénus. Parmi les groupes antiques des Grâces qui ont été conservés, les plus célèbres sont ceux de la villa Borghèse et du palais Ruspoli à Rome, et celui que l’on conserve au dôme de Sienne.
Marie-Nicolas
BOUILLET,
Dictionnaire universel d’Histoire et de
Géographie,
vingt-sixième édition, 1878,
p. 782 [Gallica, N0004849].
Grace. Diuine, courtoise, bien-seante, mignarde, bonne, fauorable, excellente, benigne, pitoiable, misericordieuse, humaine, naïue, belle, douce, remissible, honneste, amiable, ioïeuse, triple, affable, blandissante, delectable, propre, gentille, pardonnante.
Grace a diuerses significations. Aucunefois ce mot est prins pour le bien & plaisir qu’on a fait à celui qui ne l’a deserui: Quelquefois pour le pardon & remission d’vn malfait: C’est aussi le nom des trois deesses, que les Grecs nommaient Charites: D’auantage il signifie ce que les Latins appellent Decor, qui est le maintien qu’a la personne, quand ce qu’elle dit ou fait lui sied bien ou mal.
Maurice de LA PORTE, Les Epithetes,
1571,
f° 116r° [Gallica, N0050715_PDF_238]
(texte original).
[Gratieus [+gracieus] /-euse /-s. Accueil, amielleure, Amour, amoureus ou aimant, attrait, baiser, bonté, Charites, clemence, courtisane, courtoisie, dame, don, douceur, faconde, faueur, fille, geste, homme, ieux [yeux], lettres, maintien, merci, nouueauté, nouuelles, odeur bonne, parfum, parole, plaisir, present, printemps, repos, ris, saueur, somme ou sommeil, souris, thym, traictement, Venus, visage, vit, Zephyre.]
[Mal-gratieus /-euse [mal-gracieuse]. Austerité, ioug, vieil ou vieillard.]
[Mere des Graces. Venus.]
Des Graces) Les Graces, ou selon le grec les Charites, sont les trois pucelles, qui suyuent la Déesse d’Amour. La I. s’appelle Aglaïe, qui se peult interpreter maiesté. La II. Euphrosine, c’est autant comme liesse, et ioyeuseté. La III. Thalie, on la peult entendre pour une certaine gaillardisse, soit en gestes, ou en paroles. Quelques uns y adioustent Pitho, qui est la Déesse de persuasion: les aultres Pasithée, c’est comme si on disoit toute diuine, & qui comprent en soy la maiesté, la ioyeuseté, gaillardise, & faconde de toutes les autres.
Ian PROUST, « Brieue
exposition de quelques passaiges poëtiques les plus difficiles
contenuz en cet œuure »,
« De l’Ode II., p. 28 »,
in DU BELLAY, Recueil de Poesie,
1549
pp. 77-78 [Gallica, N071119_PDF_78_79]
(texte original).
Liens
* On peut lire l’article Charites / Grâces du Grenier de Clio, suivi de références aux sources antiques.
* On peut regarder La danse des trois Grâces (de Pompéi à Picasso) sur l’une des pages Langues anciennes du site de l’Académie de Nancy-Metz.
Liens valides au 25/06/11.