Les Épithètes
de Maurice de La Porte (1571)
««« grâce »»»

« grâces », « grâce » ou « Grâces » dans :
Fr. Habert
~ Celui qui voir…
Du Bellay
~ La Nuit m’est courte…
~ Ces cheveux d’or, ce front…
~ Rendez à l’or…
~ Ce ne sont pas…
~ Qui a vu les Lis, et les Roses…
Tyard
~ Sous ton haut front…
~ Qui voit (Phébus…
Ronsard
~ Ce ne sont qu’haims…
~ Un grand rocher…
Gohory
~ Je suis en paix…
Le Caron
~ Où prit Jupin…
~ Ni les honneurs…
Fontaine
~ Mon petit fils… [strophe 7]
Philieul
~ Paix je ne trouve… (Canz. 134)
~ Grâces qu’à peu… (Canz. 213)
Peletier
~ Fortune, Amour…
Baïf
~ Ma Francine est partout…
~ Ô beaux yeux azurins…
Pasquier
~ Puisque je vois…
Magny
~ Ces beaux cheveux dorés…
~ J’ai dit cent fois, Pascal…
~ Vos célestes beautés…
Buttet
~ Toujours ne sera d’or…
La Boderie
~ Phébus, Peithon…
Turrin
~ Chênes coulez le miel…
Jodelle
~ Que n’ai-je mes esprits…
Chantelouve
~ En noble sang…
Le Loyer
~ N’espérer qu’une paix…
~ Ta beauté, ta vertu…
Le Saulx
~ Plus qu’on ne voit au ciel… (Th. 76)
~ Si quelqu’un peut nombrer… (Th. 147)
Cath. Des Roches
~ Belle plutôt les eaux…
~ La Beauté, la doctrine…
~ Pithon, Diane, Minerve…
~ Les Lettres, les Vertus…
~ Les Muses, la Pithon…
Courtin de Cissé
~ Rien ne me plaît…
La Jessée
~ J’aime le doux repos…
~ Heureux qui voit…
~ Ma Nymphe a les yeux verts…
~ Que de grâces, d’attraits…
~ Je te sondais ainsi…
Blanchon
~ Celui qui nombrerait…
~ Amour est vie, et mort…
Cornu
~ Mon cœur, mon doux souci…
J. de Romieu
~ Que servent ces œillets…
J. Du Chesne
~ Fais plutôt par la bonté tienne…
Is. Habert
~ Quand je te veux louer…
Le Gaygnard
~ Ma Plume mainte fois…
~ D’un destin ordonné…
~ En toutes piété…
Le Poulchre
~ Ah de qui misérable…
Poupo
~ Pour compter les valeurs…
Lasphrise
~ Ce riche entendement…
Angot
~ Quand je pense êttre fort…
A. de Marquets
~ Si on prise beaucoup…
Maldeghem
~ J’ai mille fois le cœur… (Canz. 21)
Cl. Garnier
~ Qui peut nombrer…
~ Ces feux jumeaux…
d’Aubigné
~ Du plus subtil du feu…

~#~
















voir aussi
« les Grâces » selon
# Proust, 1549
# Bouillet, 1878

 

Grâce. Divine, courtoise, bienséante, mignarde, bonne, favo­rable, excel­lente, bénigne, pitoyable, misé­ri­cor­dieuse, humaine, naïve, belle, douce, rémis­sible, honnête, amiable, joyeuse, triple, affable, blandis­sante, délec­table, propre, gentille, pardon­nante.

Grâce a diverses signi­fi­cations. Aucunefois ce mot est pris pour le bien et plaisir qu’on a fait à celui qui ne l’a desservi : Quelquefois pour le pardon et rémission d’un malfait : C’est aussi le nom des trois déesses, que les Grecs nommaient Charites : Davantage il signifie ce que les Latins appellent Decor, qui est le maintien qu’a la personne, quand ce qu’elle dit ou fait lui sied bien ou mal.

Maurice de LA PORTE, Les Épithètes, 1571,
f° 116r° [Gallica, N0050715_PDF_238]
(texte modernisé).

[Amies des Grâces. Muses.]

[Gracieux /-euse /-s. Accueil, amiel­lure, Amour, amoureux ou amant, attrait, baiser, bonté, Charites, clémence, courti­sane, courtoisie, dame, don, douceur, faconde, faveur, fille, geste, homme, lettres, maintien, merci, nouveauté, nouvelles, odeur bonne, parfum, parole, plaisir, présent, printemps, repos, ris, saveur, somme ou sommeil, souris, thym, traitement, Vénus, visage, vit, yeux, Zéphyre.]

[Mal-gracieux /-euse. Austé­rité, joug, vieil ou vieillard.]

[Mère des Grâces. Vénus.]







Jean PROUST, 1549.


Des Grâces) Les Grâces, ou selon le grec les Charites, sont les trois pucelles, qui suivent la Déesse d’Amour. La I. s’appelle Aglaë, qui se peut inter­préter majesté. La II. Euphrosine, c’est autant comme liesse, et joyeuseté. La III. Thalie, on la peut entendre pour une certaine gaillardise, soit en gestes, ou en paroles. Quelques-uns y ajoutent Pitho, qui est la Déesse de persuasion : les autres Pasithée, c’est comme si on disait toute divine, & qui comprend en soi la majesté, la joyeu­seté, gaillardise, & faconde de toutes les autres.

Jean PROUST, « Brève exposition de quelques passages poétiques les plus difficiles contenus en cet œuvre »,
« De l’Ode II., p. 28 »,
in DU BELLAY, Recueil de Poésie, 1549
pp. 77-78 [Gallica, N071119_PDF_78_79]
(texte modernisé).







Marie-Nicolas BOUILLET, 1878.


GRÂCES (les), Charites chez les Grecs, Gratiæchez les Latins, filles de Jupiter et d’Eurynome, ou selon d’autres d’Apollon et de Vénus, étaient les compagnes de Vénus et présidaient à la gaieté des festins, à l’harmonie des fêtes, à la joie innocente, à tout ce qui est beau, radieux, attrayant ; elles étaient la person­ni­fi­cation de ce qu’il [y] a de plus séduisant dans la beauté. Les Grecs juraient par les Grâces et ouvraient le repas en vidant une coupe en leur honneur. On en compte ordi­nai­rement trois : Aglaé (brillante), Thalie (verdoyante, qui inspire la joie), et Euphro­syne (qui réjouit l’âme). A Sparte et à Athènes, on n’en admettait que deux. On les repré­sentait tantôt vêtues de longues robes, tantôt sous la figure de trois jeunes vierges nues, sans ceinture, les mains et les bras entre­lacés, et formant des danses agréables auprès de Vénus. Parmi les groupes antiques des Grâces qui ont été conservés, les plus célèbres sont ceux de la villa Borghèse et du palais Ruspoli à Rome, et celui que l’on conserve au dôme de Sienne.

Marie-Nicolas BOUILLET,
Dictionnaire universel d’Histoire et de Géographie,
vingt-sixième édition, 1878,
p. 782 [Gallica, N0004849].








Grace. Diuine, courtoise, bien-seante, mignarde, bonne, fauo­rable, excel­lente, benigne, pitoiable, mise­ri­cor­dieuse, humaine, naïue, belle, douce, remis­sible, honneste, amiable, ioïeuse, triple, affable, blandis­sante, delec­table, propre, gentille, pardon­nante.

Grace a diuerses signi­fi­cations. Aucunefois ce mot est prins pour le bien & plaisir qu’on a fait à celui qui ne l’a deserui: Quelquefois pour le pardon & remission d’vn malfait: C’est aussi le nom des trois deesses, que les Grecs nommaient Charites: D’auantage il signifie ce que les Latins appellent Decor, qui est le maintien qu’a la personne, quand ce qu’elle dit ou fait lui sied bien ou mal.

Maurice de LA PORTE, Les Epithetes, 1571,
f° 116r° [Gallica, N0050715_PDF_238]
(texte original).

[Amies des graces. Muses.]

[Gratieus [+gracieus] /-euse /-s. Accueil, amiel­leure, Amour, amoureus ou aimant, attrait, baiser, bonté, Charites, clemence, courti­sane, courtoisie, dame, don, douceur, faconde, faueur, fille, geste, homme, ieux [yeux], lettres, maintien, merci, nouueauté, nouuelles, odeur bonne, parfum, parole, plaisir, present, printemps, repos, ris, saueur, somme ou sommeil, souris, thym, traictement, Venus, visage, vit, Zephyre.]

[Mal-gratieus /-euse [mal-gracieuse]. Auste­rité, ioug, vieil ou vieillard.]

[Mere des Graces. Venus.]








Ian PROUST, 1549.


Des Graces) Les Graces, ou selon le grec les Charites, sont les trois pucelles, qui suyuent la Déesse d’Amour. La I. s’appelle Aglaïe, qui se peult inter­preter maiesté. La II. Euphrosine, c’est autant comme liesse, et ioyeuseté. La III. Thalie, on la peult entendre pour une certaine gaillardisse, soit en gestes, ou en paroles. Quelques uns y adioustent Pitho, qui est la Déesse de persuasion: les aultres Pasithée, c’est comme si on disoit toute diuine, & qui comprent en soy la maiesté, la ioyeuseté, gaillardise, & faconde de toutes les autres.

Ian PROUST, « Brieue exposition de quelques passaiges poëtiques les plus difficiles contenuz en cet œuure »,
« De l’Ode II., p. 28 »,
in DU BELLAY, Recueil de Poesie, 1549
pp. 77-78 [Gallica, N071119_PDF_78_79]
(texte original).








Liens

* On peut lire l’article Charites / Grâces du Grenier de Clio, suivi de réfé­rences aux sources antiques.

* On peut regarder La danse des trois Grâces (de Pompéi à Picasso) sur l’une des pages Langues anciennes du site de l’Aca­démie de Nancy-Metz.

Liens valides au 25/06/11.